Action citoyenne et politique : le numérique a définitivement changé la donne avec #LoiTravailNonMerci

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Dix ans après les comités désirs d’avenir qui s’étaient illustrés sur Internet pour bâtir et soutenir la candidature de Ségolène Royal à la présidentielle de 2007, la donne a changé définitivement. L’avènement des médias sociaux de masse (en particulier Facebook et Twitter) et de tous les sites de mobilisation sont désormais des outils militants et/ou citoyens incontournables.

Exemple emblématique de cette transformation des relations de communication politique au sein du triptyque citoyen-média-élu : la mobilisation contre la loi travail, initiée via une pétition en ligne, a dépassé le cadre habituel de la contestation politique et syndicale, avec trois caractéristiques principales reposant sur l’explication, l’identification et l’engagement.

1) la pédagogie (comprendre)
La pétition de Caroline de Haas, « Loi travail, non merci », a recueilli plus de 1 million de signatures en moins de 3 semaines : un événement inédit ! Sans doute, les arguments affichés sur le site change.org par cette militante aguerrie ont su convaincre. Une volonté d’explication complétée par le site loitravail.lol où chaque argument contre le projet de loi est décortiqué, avec la possibilité de le relayer d’un clic sur le web. Piquée au vif par cette efficace démarche pédagogique, Myriam El Khomri a publié sur le site de la pétition un contre-argumentaire pointant que « si certaines affirmations de cette pétition sont vraies, de nombreuses autres sont fausses et beaucoup sont incomplètes. » Une initiative courageuse mais malvenue qui a donné l’occasion aux opposants de répondre point par point, signifiant ainsi un désaccord reposant sur de le fond et non une simple posture anti-gouvernementale. Des enjeux que les organisations de jeunesse (Unef, MJS, Joc, etc.) ont su s’approprier, par des infographies, pour mobiliser à l’occasion de la journée de manifestations du 9 mars.

2) le testimonial (s’identifier) :
Forte du relai médiatique via Facebook et Twitter, cette campagne de rejet du projet de loi travail s’est vue renforcée par une double-démarche testimoniale : l’une initiée par les premiers signataires de la pétition, l’autre qui s’est propagée naturellement via le mot-dièse #OnVautMieuxQueÇa.
La première est l’initiative prise par plusieurs youtubeurs qui, via leur canal d’expression habituel, se sont réunis pour critiquer le projet de loi et appeler à la mobilisation. Une démarche inédite qui n’est pas sans rappeler les appels au hacking social prônés par les Anonymous.
La seconde, plus spontanée, s’est fondée sur le témoignage de milliers de jeunes salariés et précaires sur Twitter, laquelle rappelle la mobilisation qu’avait suscité en 2005 le CPE cher à De Villepin.
Dans les deux cas, la précarité au travail de la génération des 20-35 ans est décrite par des exemples concrets auxquels on peut facilement s’identifier.

3) le partage (s’engager) :
S’engager contre la loi travail : c’est simple !
Partagée avec le mot-dièse #LoiTravailNonMerci sur Twitter, la pétition contre la loi El Khomri a été très vite sur une dynamique puissante de signature que le contre-feu du gouvernement (SIG), allumé avec la création du compte @loitravail sur Twitter, n’a pas empêché. L’engagement public de personnalités, d’élus de gauche (parlementaires notamment) et de médias, dont Libération et Médiapart, a renforcé le succès de la pétition. Ainsi, de nombreux journalistes, en rapportant cet événement et en donnant la parole à ses initiateurs, ont contribué à lui donner de la crédibilité, complétant de fait la parole des organisations politique et syndicales habituelles. Enfin, la création d’une pétition de soutien à la loi par des élus de droite et du Medef a achevé de donner, en creux, toute sa légitimité à l’engagement citoyen contre le projet de loi. Un processus de viralité qui, toute proportion gardée, rappelle la dynamique qui avait conduit au rejet du traité constitutionnel européen par référendum en mai 2005.

L’Histoire fait ici la démonstration que la donne démocratique a changé, au gré de l’avènement des nouveaux médias de masse dont l’interactivité permet à chacun, militant ou non, d’agir en politique, de débattre et de contester. Une nouvelle génération de citoyen-ne-s se lève, les cahiers de doléances et les pétitions de masse sont désormais dématérialisés. C’est une révolution démocratique que les organisations politiques, syndicales et institutionnelles doivent d’urgence assimiler pour préserver la République et la démocratie de la menace extrémiste.

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La primaire : un outil pour reconquérir l’esprit citoyen et le coeur de la gauche !

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L’élection présidentielle est devenue, de fait, le moment où les majorités parlementaires se font… et se défont. Nous en avons fait l’amère expérience un certain 21 avril. C’est après trois échecs successifs en 1995, 2002 et 2007, qu’est née l’idée d’une primaire large pour la présidentielle de 2012, laquelle mobilisa 3 millions de citoyen-ne-s, dont près de 90.000 en Haute-Garonne, soit 12% du corps électoral départemental.

Forte d’un tel succès, la primaire est désormais inscrite dans les statuts du PS : premier argument plaidant pour sa tenue en 2016. La direction socialiste en discute donc depuis peu avec ses partenaires, dans une logique indispensable d’unité de la gauche. Pourquoi la fédération #PS31 ne fait-elle pas savoir qu’elle se tient prête à l’organiser ?

Un enjeu démocratique majeur

La primaire n’est pas une question de personnes, c’est un enjeu majeur pour ne pas faire l’impasse sur 2017. Manuel Valls, qui déclarait lors de son intronisation à Matignon que la parole politique était devenue « une langue morte », n’a pas su empêcher le progrès de l’abstentionnisme et du vote FN. Ni même François Hollande. Au contraire, leur politique a déboussolé jusqu’à leurs plus fidèles soutiens.

Intellectuels et militants de gauche appellent donc aujourd’hui à cette primaire car, outre son intérêt pour recoudre une gauche en lambeaux, elle est une opportunité pour répondre à l’affaissement démocratique, la paralysie des institutions et l’avènement de nouvelles pratiques militantes, notamment via Internet. En outre, alors que la droite prépare la sienne, comment le camp du progrès pourrait-il laisser les conservateurs occuper seuls le devant de la scène ?

L’avenir est probablement au dépassement des partis traditionnels. Si François Hollande était parfaitement légitime à représenter le PS, voire la gauche, il serait son candidat naturel. Malheureusement, les turpitudes de l’exécutif (illustrées par le projet de loi travail) ont décrédibilisé la politique et discrédité la parole de gauche : la primaire est donc l’occasion de prouver qu’une autre politique est possible !

REVUE DU WEB :

Laurent Bouvet : « Tout semble aujourd’hui permis, y compris, donc, au sein du PS, de dire que l’on ne souhaite pas que le président se représente. Le premier secrétaire en vient finalement à valider, de fait, cette implosion du parti présidentiel, comme sa déclaration le démontre. »
Thomas Piketty : « Dernière trouvaille de Cambadélis: il vient de déclarer qu’il allait demander virilement à chaque responsable socialiste s’il était oui ou non favorable à la candidature du président en place, avec l’espoir semble-t-il que ces face-à-faces mano a mano allaient intimider tout le monde et clore le processus. »

Réformes, crises, incertitudes : place à la communication publique

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Les 21 & 22 mai 2015, j’ai pris part aux 5èmes rencontres interrégionales des communicant-e-s territoriaux, organisées par le CNFPT en partenariat avec Cap-Com, à Toulouse. A la demande du CNFPT, j’ai animé l’atelier 4 intitulé « le travail en coopération et en réseau » avec les témoignages de Carine Coutard, directrice de la communication du Grand Cahors, & Marie Jeandarme, chargée de communication de la CC Creuse Grand Sud. Cet atelier s’est employé à définir le cadre dans lequel nos métiers de communicants territoriaux évoluent, au gré des progrès de l’Internet et du développement des réseaux, structurels comme professionnels. Voici 7 points-clés que nos échanges ont mis en évidence :

1 – assurer le continuum interne-externe Il ressort d’abord que la communication interne s’inscrit de plus en plus dans la stratégie globale de communication des collectivités puisque le développement des réseaux d’information la favorise désormais et l’utilise de plus en plus (Intranet, environnement numérique de travail, etc.).

2 – accompagner l’optimisation des moyens L’usage des réseaux et le travail en coopération transversale permettent d’améliorer l’efficacité, à la fois, des politiques publiques et des actions d’information-communication qui les appuient, dans un logique d’optimisation liée à la rationalisation des moyens.

3 – mettre en cohérence commune et intercommunalité Les outils d’information-communication aident à réduire la dichotomie que l’on observe entre la conception que l’on a du « projet de territoire » selon que l’on se situe du point de vue de la commune ou de l’intercommunalité, notamment par l’implication des agents et des élus, puis des acteurs du territoire (associatif, etc.).

4 – mais, la coopération ne se décrète pas Les logiques de coopération ne se développent pas toujours naturellement. Pour y parvenir, le rôle des communicants est de favoriser l’émergence d’un système où tous les participants trouvent un intérêt professionnel (voire personnel) à y prendre part : économie de temps, de moyens, source de reconnaissance…

5 – générer du liant autant que du lien Les réseaux d’information autant que les systèmes de coopération professionnelle peuvent, à la fois, créer du lien entre les entités et insuffler du liant sur le territoire, à l’image de ce qu’a favorisé la mise en œuvre de la carte Grand Pass sur la Grand Cahors, en suscitant autant de collaboration inter-collectivité qu’un véritable sentiment d’appartenance des utilisateurs.

6 – car les relations humaines sont au fondements de ces outils Comme le révèle l’exemple de la CC Creuse Grand Sud (réseau des secrétaires de mairie), la mobilisation des acteurs repose sur la capacité du communicant à faire vivre le réseau et à vitaliser les actions de coopération par des réunions d’échange où la connaissance, l’interconnaissance, voire la reconnaissance favorisent la réussite.

7 – ne pas négliger de « cultiver » le réseau Ainsi, cela paraît si naturel qu’on le néglige souvent : un réseau n’existe que par la volonté de ses membres et leur implication dans son fonctionnement. Par exemple, l’implication équitable de tous les acteurs n’est possible qu’à condition, par exemple, de lutter contre « l’illectronisme ».

Je remercie l’ensemble des équipes du CNFPT de m’avoir confié cette mission.

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Communication du #PS31 : bilan d’activité des 6 derniers mois

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Les missions de secrétaire fédéral chargé de la communication m’ont été confiées en 2008. En septembre, Sébastien Vincini m’a demandé de les poursuivre en vue des élections départementales.

Expliquer, convaincre et mobiliser : l’ensemble des outils d’information et de communication de la fédération sont orientés vers ce triple-objectif. Cela implique donc tous les moyens utilisés pour faire passer nos messages politiques, en interne (dont notre journal L’Avenir) comme à destination des citoyen-ne-s, et consiste à rapporter les temps forts de la vie du parti, les prises de positions de nos élu-e-s, et à valoriser notre projet collectif.

assemblée-département-2015Lors des élections départementales, avec l’équipe fédérale et le comité de coordination de campagne, nous avons conçu, concrétisé et conduit la stratégie de campagne qui nous a permis de remporter 23 cantons sur 27.

D’abord, définir ensemble une démarche de proximité reposant à la fois sur le bon bilan de la majorité de gauche et sur une campagne attestant de la qualité du service public départemental grâce aux affiches “un département à gauche : votre conseil d’intérêt général”.

Ensuite, mettre en dynamique nos candidat-e-s avec une charte de communication spécifique et décliner les enjeux sur un site Internet simple et précis, qui était opérationnel dès le 25 janvier : “aimonslahautegaronne.fr”

Enfin, sur les réseaux (twitter et facebook), relayer les actions de nos candidat-e-s, populariser notre bilan et nos propositions avec l’aide de nos 4300 “supporters”.

En parallèle, j’ai supervisé la communication vis-à-vis des médias : seconder le 1er fédéral pour renseigner les journalistes, s’assurer d’une bonne presse et veiller sur nos adversaires.

En bref, les actions d’information et de communication fédérales forment un dispositif de conviction politique et d’irrigation interne indispensable lors des échéances électorales. Je remercie tous les militant-e-s et les permanent-e-s pour leur implication dans ce succès collectif !

Revigorer la citoyenneté passe par la régulation de la communication publicitaire

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(Contribution thématique aux débats de congrès du Parti Socialiste)

Dans le combat que la gauche et les socialistes doivent mener contre les inégalités sociales et économiques, nous délaissons trop souvent les inégalités qui naissent de la société de communication à outrance : publicité partout et pour tous, marketing des objets, des femmes, des hommes et des enfants. Sollicitation, et donc frustration, à tous les âges.

Est-ce cette société que nous voulons  ?

Si, pour permettre l’épanouissement individuel et collectif autour du principe de liberté, l’épopée du socialisme du 20ème siècle a été marquée par la relégation de la question religieuse dans la sphère privée, l’histoire du socialisme du 21ème siècle ne doit-elle pas instaurer des limites à la voracité du mercantilisme ? Les théories et les outils de communication contemporains ne doivent-ils pas être mis au service d’une solidarité humaine réinventée, d’une économie du partage plutôt que de la possession égoïste, comme le pressent – et le préconise – l’intellectuel Jeremy Rifkin ?

« La publicité s’appuie sur une chose : le bonheur. Et vous savez ce qu’est le bonheur ? Le bonheur, c’est l’odeur d’une voiture neuve. C’est être débarrassé de la peur. C’est un panneau d’affichage sur le bord de la route qui vous martèle que, quoi que vous fassiez, tout va bien. » Les mots sont de Don Draper, le publicitaire gominé de la série américaine « Mad Men ».

Cette oeuvre, qui dépeint les composantes de la société et de la culture américaine des années 1960, met en exergue tous les travers de la société de consommation qui s’est consolidée à cette époque aux Etats-Unis d’Amérique : le sexisme et le harcèlement, l’homophobie, l’antisémitisme, le racisme ; mais aussi le tabagisme, l’alcool, le gaspillage et la pollution sans limite.  Autant de sujets qui touchent aujourd’hui la société française et que les messages publicitaires entretiennent, parfois de manière inconsciente.

Le rôle de la gauche et des socialistes est donc de promouvoir une prise de conscience. Cela passe d’abord par les décideurs politiques, économiques et culturels qui, en tant qu’annonceurs ou diffuseurs, véhiculent des clichés qui, mis bout à bout, s’apparentent à de l’idéologie.
Dans un premier temps, il apparaît indispensable de limiter et de contraindre par la loi, sans pour autant mettre en cause la liberté d’expression ou le droit de créer.
Dans un second temps, il s’agit de réguler par l’éducation et le débat public, sans moralisme.

En parallèle, il est fondamental que la puissance publique réduise le fossé urbain/rural quant à l’accès au réseau haut-débit, sans quoi on maintient des citoyens de seconde zone.

L’auto-régulation de la publicité et de la communication est une Chimère
Le développement des nouveaux moyens de communication, et en particulier ces dernières années les « réseaux sociaux », rendent indispensable la réflexion, puis la décision, sur la régulation de cette société contemporaine de l’information et de la communication qui occupe tout autant l’espace public qu’elle mobilise l’esprit dans le cadre privé.

Des premières réponses ont été apportées : la création de l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP) et de ses structures associées : le Conseil de l’Ethique Publicitaire (CEP), le Conseil Paritaire de la Publicité (CPP),… On peut également pointer l’action des organisations professionnelles comme l’Union des Annonceurs (UDA) ou l’Association des Agences Conseil en Communication (AACC).

Autant d’acteurs qui ont fait de l’auto-régulation le fer de lance d’une politique qui apparaît aujourd’hui bien insuffisante. Bien sûr, ce n’est ni la volonté, ni la sincérité de ces organismes, et de celles et ceux qui les animent, qu’il faut mettre en cause ; mais plutôt critiquer un cadre trop confus pour être efficace, des moyens trop dérisoires et des sanctions peu efficaces (à l’exception bien sûr du champ purement pénal).

Il s’agit donc aujourd’hui d’imaginer et de proposer un dispositif adapté et performant.

Selon nous, plusieurs pistent doivent être explorées :
D’abord, à l’image du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA), la création d’une autorité publique indépendante tripartite qui permettrait de regrouper les pouvoirs publics, les professionnels de la communication et les associations de consommateurs.
Ensuite, la redéfinition, par la loi, d’un environnement juridique adapté aux formes de communication contemporaine, sans mise en cause des droits existants mais en posant des limites claires dans tous les domaines qui assureront la protection de nos citoyens les plus influençables.
Enfin, la mise en place d’un parcours éducatif et citoyen indispensable à une prise de recul et de conscience du consommateur favorisant l’émergence d’une consommation responsable et critique dont notre économie a besoin.

Concrètement, nous proposons d’engager un débat public qui, à l’aune du débat qui nous occupent actuellement sur les méthodes d’influence et d’embrigadement sur Internet, permette de déboucher sur une grande loi qui revivifierait le vivre-ensemble.

Une autorité de régulation indépendante
La diversité des acteurs de la communication et des structures de concertation et de régulation qui ont été, au fil des ans, mises en place imposent de toiletter le « millefeuille de la régulation publicitaire ».
Sur la base « d’assises de la communication responsable » une large concertation doit être menée entre l’État, les collectivités locales, les professionnels de la communication, les médias, les opérateurs Internet, les associations de consommateurs, l’éducation populaire, … pour définir cette nouvelle autorité et lui assurer les moyens d’agir avec efficacité et indépendance. Nous croyons à la régulation, mais elle ne peut pas être que professionnelle. Il faut aujourd’hui définir un champ d’intervention qui permette également d’associer l’ensemble des acteurs publics et des représentations citoyennes.
Au-delà de sa définition, de ses missions et de son contour, cette autorité de régulation ne trouvera sa place que si elle a les moyens d’instruire et d’agir. La nécessaire réflexion sur le financement de cette autorité devra donc être menée de front avec la réflexion sur sa création. Ne faut-il pas aujourd’hui proposer « une taxe Tobin publicitaire » qui viendrait donner des moyens conséquents à l’autorité de régulation mais qui viendrait également alimenter les actions de sensibilisation ?

Un environnement juridique adapté
L’auto-régulation s’est développée sur le terreau de dispositifs juridiques faible. Là où on fait appel à la confiance et la responsabilité, nul besoin d’écrire la loi et d’envisager la sanction. Ne faut-il pas aujourd’hui sortir de ce credo et envisager un dispositif juridique adapté ? Bien évidemment cette proposition provoquera moult réactions, notamment de celles et ceux qui y verront – à tort – une entrave à la liberté de création et à la liberté d’expression. Il ne s’agit bien évidemment pas de cela, mais de considérer qu’à partir du moment où les dispositifs de régulation n’ont pas fonctionné, il faut donner sa place à l’autorité. Nous n’affichons bien sûr qu’une intention qui devra faire l’objet d’un large débat afin d’être compris et acceptée.
Parmi les pistes légales, nous préconiserions :
– la limitation de la publicité à la télévision, en particulier lors des programmes pour enfants,
– la limitation de certains partenariats média/annonceur qui induisent en erreur le consommateur,
– l’empêchement effectif de toutes les publicités mensongères ou équivoques qui procèdent par exemple au « green-washing »,
– des quotas systématiques de communication publique et/ou associative dans les espaces publicitaires,…
Toutes les hypothèses qui permettraient de protéger le public doivent pouvoir être discutées.

La mise en place d’un parcours éducatif et citoyen
Nous préconisons la mise en place d’un parcours éducatif et citoyen, qui viendra en complément des régulations familiales, données aux consommateurs, et en particulier aux jeunes consommateurs, les moyens de décrypter l’offre commerciale et de porter un regard critique et réaliste sur le marketing publicitaire.
Dans ce dispositif, l’éducation nationale jouerait un rôle déterminant, notamment dans l’enseignement secondaire où le rapport aux marques se fonde et où le mimétisme culturel structure le rapport aux objets du quotidien. Le développement d’un esprit critique, la capacité à déjouer les codes et les injonctions d’achat du système capitaliste, la primauté de la citoyenneté et de la solidarité sur la consommation sont autant d’objectifs républicains pour faire face à la vacuité d’une société ou l’objet compte autant que l’être.

Revigorer la société de la citoyenneté passe par le fait d’ériger une digue contre la société du « tout-marchand ». L’exemple de la ville de Grenoble, qui vient de supprimer les panneaux publicitaires dans ses rues n’est peut-être pas la solution idéale au problème posé. Mais cette mesure coercitive de restriction de la présence des marques dans l’espace public nous appelle au débat politique et à la réflexion sociale sur la place qu’elles occupent dans notre vie quotidienne et sur le rôle structurant que leur communication opère sur les esprits.

Co-signataires : François Briançon, conseiller municipal de Toulouse Pascal Usseglio, 1er secrétaire fédéral du Loir-et-Cher

illustration : Lam Duc Hien

Elections départementales 2015 : une campagne de communication du #PS31 vise à sensibiliser le grand public

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Les 22 et 29 mars 2015 auront lieu les élections départementales, dans un contexte de réforme territoriale encore floue pour les citoyens. On a beaucoup entendu que les Départements ont vocation à disparaître, au prétexte que le fameux « mille-feuilles » est devenu trop indigeste… Malgré cela, la Fédération du PS31 a décidé de mener une campagne de communication visuelle afin de sensibiliser le grand public à cette échéance, en illustrant l’action concrète et quotidienne du conseil général. Une campagne intitulée : « Un département à gauche : votre Conseil d’intérêt Général ».

C’est une opération de communication qui va durer jusqu’à mi-janvier, en amont de la campagne électorale. Toutes les sections du PS31 sont sur le pont pour orner les colonnes d’opinion (et autres sites de collage) des 27 nouveaux cantons de la Haute-Garonne avec 8 visuels thématiques déclinés sur des affiches au format 40X60, renforcée par une diffusion sur les réseaux sociaux.

Un bilan départemental très favorable
Cette campagne s’inscrit dans un contexte de défiance politique grandissant dont le PS31 a bien conscience. Mais le Conseil général, qui devient Conseil départemental en mars, est l’une des institutions de proximité les mieux identifiées par nos concitoyens : 3 citoyen-ne-s sur 4  se disent même attachés au Département en Haute-Garonne (Sondage CSA de juin 2014). La majorité de gauche qui le dirige jusqu’à présent affiche d’ailleurs un bilan politique très favorable, grâce notamment à une multitude d’actions volontaristes allant au-delà des missions fixées par la loi dans des domaines comme le social ou les infrastructures (routes, collèges, etc.).

8 visuels à afficher et partager
Personnes âgées, transports scolaires, protection maternelle et infantile, collégiens, routes départementales, monde agricole, personnes handicapées, développement durable et tourisme : au travers de 8 accroches thématiques, cette campagne vise à sensibiliser les citoyen-ne-s à l’utilité présente et à venir du Département, promesse de solidarité et de développement pour tous et partout. L’enjeu de la campagne consiste à dépasser le stade des mots-valises pour convaincre du bien fondé de l’action de l’institution, et de l’engagement de ses élu-e-s, à travers des engagements militants : priorité, gratuité, combat, conviction, implication…

Les ressorts politiques de cette campagne
La communication politique n’est pas une science exacte. Cette campagne de communication n’aura sans doute qu’une influence modérée sur le résultat du scrutin. Mais, par des exemples simples et positifs, auxquels tous les usagers du Département peuvent se référer, l’action politique départementale est mise en scène pour sensibiliser au fait qu’elle améliore la vie quotidienne, ce qui vise à lutter contre l’abstention qui est l’une des clés du résultat des élections de mars prochain. Cela permet de préparer les esprits à cette échéance cruciale pour le PS et la gauche en Haute-Garonne, dans un contexte où la citoyenneté a besoin d’être revivifiée et l’action publique re-crédibilisée.

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« Quelle connerie le capitalisme ! »

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« Quelle connerie le capitalisme ! » Voilà ce qui me vient lorsque je pense à la vente, soit disant partielle (49,9%), de l’aéroport de Toulouse-Blagnac (via blog LeMonde). Comment ne pas s’insurger contre la commercialisation d’un tel équipement, un bien commun qui appartient aux acteurs économiques du territoire, publics et privés (via #PS31), depuis toujours ? Bref, un bien commun que des centaines de milliers de voyageurs empruntent chaque année pour le travail, le voyage et l’ouverture sur le monde…

Quelle connerie, ce capitalisme, lorsqu’on pense que ce système économique repose sur la goinfrerie d’une minorité d’acteurs financiers dont le but est d’acheter, transformer et revendre en essayant d’effectuer la plus-value la plus importante possible, le plus souvent au détriment de l’intérêt général et donc plus grand nombre.
Si l’État français avait tant besoin d’argent frais (plus de 300 millions d’euros) pour faire face à ses dettes, pourquoi n’avoir pas un instant imaginé proposer aux 7 millions d’usagers-citoyens annuels de l’aéroport de devenir copropriétaires de cet équipement d’utilité publique ? C’est ce qu’a essayé de proposer la société Wiseed en organisant en 10 jours une collecte de près de 20 millions d’euros auprès de quelques milliers de particuliers. Un offre pour acheter 10,01% qui n’a pour l’instant pas obtenu la moindre réponse de l’Etat.

Oui, le capitalisme est une connerie dans ce sens où, comme ici, sont négligés à la fois l’intérêt général et l’intérêt des premiers concernés que sont les clients (et entreprises), les salariés et les usagers de l’aéroport de Toulouse-Blagnac. C’est d’autant plus embarrassant lorsque l’initiative vient d’un ministre de l’économie dit « socialiste ».
Comme citoyen, et comme usager ponctuel, j’ai proposé de verser la somme de 1000 € pour devenir copropriétaire de cet aéroport situé à quelques kilomètres de chez moi. Cet argent, je ne l’investirais pas pour faire une plus-value, ni-même pour m’enrichir à moyen terme. Je me fous du bénéfice. Je suis prêt à investir dans le but d’avoir mon mot à dire dans l’avenir de cet aéroport : son développement, ses infrastructures, sa manière de servir.
Ainsi, le scandale de cette opération financière opaque n’est pas que l’acquisition soit faite par une société à capitaux chinois (via l’Obs), mais essentiellement que cela n’aie pas donné l’occasion d’un vrai débat politique sur le service public du transport aérien. Pourquoi vendre un aéroport  ? (via mediapart)
Je suis contre la société du tout-marchand, pas contre l’économie de marché, car tout ne peut pas s’acheter. Je suis pour une société économique mixte où la puissance publique est garante de l’équilibre entre propriété privée et possession collective. Dans les cas de l’aéroport, j’aurais préféré qu’on débatte vraiment de toutes les options, y compris celles qui auraient permis de jouer « collectif ».