Marine Le Pen a déjà gagné : la normalisation symbolique du FN

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10 raisons pour lesquelles, même si elle est vaincue dimanche, et malgré sa piètre prestation au débat face à Macron, Marine Le Pen sort forcément gagnante de cette campagne présidentielle.

Le Pen ne remportera probablement pas cette élection présidentielle. Ce n’est d’ailleurs pas cette victoire-là qu’elle recherche. Son plan : développer une stratégie de communication lui permettant de parachever la normalisation du FN dans le paysage politique – ce qu’elle est en train de réussir – après avoir habilement dissimulé la frange fasciste de son mouvement.

Par conséquent, plus le score de dimanche sera serré, mieux le FN aura réussi son pari : la lepenisation des esprits, la banalisation de son poids électoral, la réhabilitation de l’extrême-droite.

1 – Un électorat pérennisé
La candidate d’extrême-droite aurait pu arriver en tête au 1er tour de la présidentielle, mais le vote dit « utile » pro-Macron l’en a empêchée. Cependant, le FN progresse nettement en voix puisqu’il passe de 6,5 millions de suffrages aux régionales de 2015 à 7,6 millions le 23 avril. La barre symbolique des 10 millions de voix sera probablement franchie au 2nd tour, soit le double du score de son père en 2002. Normalisation démocratique (ce dont Marine Le Pen se targuera dimanche soir).

2 – Un programme plus cohérent
Depuis qu’elle préside le FN, Marine Le Pen a souvent été mise en difficulté par des journalistes concernant certains points irréalistes ou non financés de son programme. Cela lui a servi de leçon. Le FN présente cette fois un programme plus sérieux, sur lequel  s’appuient ses lieutenants médiatiques, dont des élus locaux ou européens de plus en plus habiles et policés. Elle profite également d’interviews complaisants, même si elle est aussi contredite par certains journalistes. Normalisation médiatique (avec son lot d’affirmations et de chiffres falsifiés)

3 – Une affiche de 2nd tour très habile
Beaucoup ont moqué cette affiche dont la photo de Marine Le Pen a été photoshopée à la truelle. Pourtant, celle-ci traduit bien la stratégie frontiste d’appropriation des symboles du pouvoir républicain (la posture rassurante, presque débonnaire, avec la bibliothèque en fond comme Mitterrand, Pompidou ou Sarkozy) et la transgression du principe gaullien « au 1er tour je choisis, au 2nd tour j’élimine ». Avec son « Choisir la France », le FN s’affirme comme un parti traditionnel et non plus comme un vote contestataire. Normalisation présidentielle.

4 – Une place de leader dans les médias sociaux
Avec 1,5 millions de followers sur Twitter et autant de fans sur Facebook*, Marine Le Pen distance largement tous ses adversaires. Elle a ainsi engrangé plus de 230.000 fans en un mois. Cela fait d’elle l’un des personnages politiques français ayant le plus d’audience dans les médias sociaux. Sa nièce Marion dépasse les 770.000 fans sur Facebook et les autres lieutenants affichent également des scores assez élevés. Le FN a sur lever une armée de webficines capables de commenter partout et de diffuser des fausses nouvelles, avec l’aide du Kremlin. Normalisation numérique (à laquelle on n’accorde que trop peu d’attention).

5 – La candidate du peuple ?
La candidate d’extrême-droite se présente comme la candidate du peuple face au candidat de l’argent-roi et du système des élites. La ficelle est grosse, mais la formule sémantique est efficace. Elle cultive ainsi un pseudo-registre révolutionnaire (et ouvriériste) laissé vacant par la France Insoumise entre les deux tours. A ce titre, sa confrontation opportuniste par médias interposés avec Emmanuel Macron lors la visite des Whirlpool d’Amiens est un modèle de communication politique différentielle. Normalisation populaire-populiste.

6 – Macron, un adversaire idéal ?
Ainsi, pour Marine Le Pen, son adversaire du 2nd tour est le concurrent idéal. Son profil et son CV lui permettent de développer son argutie anti-système, prétendument anti-libérale, souverainiste et europhobe. Marine Le Pen peut donc, à sa guise, jouer du contraste qu’elle incarne face à celui que l’on présente comme l’héritier de François Hollande et le père spirituel des deux lois les plus libérales du quinquennat qui s’achève. Après des années rhétorique anti-UMPS, le FN affronte le candidat « et de droite et de gauche ». Normalisation électoraliste (et énorme responsabilité historique pour Macron).

7 – La vampirisation de la droite
L’accord électoral et de gouvernement que Marine Le Pen a conclu avec Nicolas Dupont-Aignan est pour le FN l’occasion inespérée de séduire plus largement à droite. Du haut de ses presque 5%, le candidat souverainiste est présent depuis longtemps dans le paysage politique, il a un discours construit et cohérent qui donne un supplément de crédibilité à la candidate d’extrême-droite. La communication autour de leur alliance nouvelle exploite habilement les codes des accords d’entre-deux tours des partis politiques dits « traditionnels ». Normalisation politicienne.

8 – Le leadership de l’anti-système
En renvoyant dos-à-dos Macron et Le Pen, peu ou prou, la France insoumise commet une sorte de faute politique. Car, même s’il a mené une bonne campagne, le score de Mélenchon au 1er tour est le fruit d’un double-phénomène des derniers jours : une sorte de vote « utile » de gauche (qui vote Macron dimanche) et des votants « anti-système » qui se rabattent partiellement sur Marine Le Pen au 2nd tour, laquelle n’a pas manqué de leur donner des signaux, dès le lendemain du 1er tour. Normalisation de l’anti-système.

9 – Des débats télévisés imprimés dans la rétine
Les débats télévisés préalables au 1er tour ont contribué à leur manière à la banalisation de la candidature de Marine Le Pen. Paradoxalement, le nombre pléthorique de candidats lui a permis de renforcer sa crédibilité face à un Cheminade ou un Lassalle, malgré ses prestations en demi-teinte. A minima, son électorat a pu conforter son choix initial. Le débat télévisé d’entre-deux tours, lui, était plus dangereux car l’un y avait tout à perdre et l’autre tout à gagner. Au final, la candidate du FN y a laissé des plumes au dire de ses propres soutiens. Néanmoins, un nouveau cran est franchi puisque c’était la 1ere fois que le FN participait à ce mythique débat d’entre-deux tours. Normalisation télévisuelle (à laquelle Macron a contribué en acceptant ce simulacre).

10 – Le score symbolique du 2nd tour
En laissant prospérer le score de l’extrême-droite au 2nd tour, possiblement au-delà des 40% si l’on en croit les derniers sondages, l’image d’un parti aux portes du pouvoir en sortira renforcée. Une nouvelle bataille s’ouvre alors : celle des législatives. On peut penser que plus le score du FN sera élevé dimanche soir, plus les candidatures FN au législatives pourront prospérer. Quid alors du désistement républicain qui avait cours jusqu’alors presque toujours ? Normalisation électorale.

La boucle est bouclée.

Le nouveau Front national de Marine Le Pen mène ainsi une bataille culturelle lui permettant de s’installer durablement dans le paysage politique. Cette stratégie de longue haleine vise, à terme, à conquérir d’avantage d’exécutifs municipaux, départementaux ou régionaux, étape indispensable pour pouvoir briser le plafond de verre national. 2017, dernière étape avant le désert ?

* Près de la moitié des fans de MLP sur Facebook sont basés à l’étranger.

Illustration : politologue.com

Expliquer, convaincre, fédérer : le triptyque gagnant de Benoit Hamon

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La stratégie de campagne qui a permis à Benoit Hamon de vaincre ses rivaux à la primaire de gauche pourrait s’avérer tout aussi victorieuse en mai prochain face à la droite et l’extrême-droite. Depuis septembre, le candidat a développé une communication politique cohérente fondée sur le triptyque « expliquer, convaincre, fédérer », contestant vivement l’idée qu’il puisse être un « Homme providentiel ». C’est donc ce même sillon qu’il s’agit de creuser dans la perspective de l’élection présidentielle.

Expliquer
D’abord, ce qui a marqué cette primaire de gauche, c’est la volonté de tous les candidats (ou presque) de se positionner en fonction du bilan du quinquennat. Benoit Hamon a été le seul, finalement, à ne pas trop s’y référer et à porter un projet distinct de la plupart de ses adversaires, notamment dans le domaine de l’écologie devenue indissociable de tout projet progressiste. C’est sans doute cette sincérité qui a désarçonné les observateurs médiatiques qui, du coup, ont sous-estimé son potentiel de victoire en pointant son « utopisme ». En contrepoint, le candidat socialiste s’est montré pédagogue, quitte parfois à ennuyer les téléspectateurs, mais a imposé dans le débat des propositions originales coconstruites avec les citoyen-ne-s. Il a ainsi pu acquérir le certificat de légitimité indispensable pour pouvoir être entendu et prétendre à exercer la fonction présidentielle.

Convaincre
Ensuite, les journalistes comme ses concurrents le considérant comme un « petit candidat » l’ont laissé dérouler son argumentaire… croyant pouvoir le décrédibiliser. En vain. La dynamique de campagne et l’intérêt grandissant suscité par le candidat, ainsi que l’augmentation sensible du taux de participation au second tour de la primaire, sont une preuve tangible de l’effet Hamon : il convainc ! Comment ? En répondant point par point aux critiques de ses adversaires obnubilés par une cible jugée trop facile. Pourtant, par des raisonnements construits décryptant les problèmes du quotidien et l’inquiétude de l’avenir (travail, santé, cadre de vie, jeunesse, discriminations, etc.), il a su imposer ses propositions comme nécessaires. Une démonstration vaut souvent mieux qu’un effet de tribune pour bâtir sa crédibilité et fédérer le plus grand nombre de soutiens.

Fédérer
Enfin, Benoît Hamon a plu. Sa manière à la fois modeste et classique de conduire sa campagne, tout en s’appuyant sur les outils numériques, a enchanté une nouvelle frange de l’électorat de gauche, lassée par une « classe politique » souvent trop préoccupée par le culte de la personnalité et les attributs du pouvoir. Après 5 ans d’une politique gouvernementale qui les a déboussolé, les « gens de gauche » sont disponibles pour un propos politique digne de Jaurès : qui vise l’idéal en fonction du réel. En faisant ainsi « battre le coeur de la France », via des réunions publiques quasi-quotidiennes, le candidat de gauche a développé un sentiment de proximité auquel les votant-e-s ont été sensibles. Les récentes enquêtes d’opinion (avec les réserves qu’il se doit) dessinent le portrait d’un homme qui sait attirer l’attention d’un public plus large que celui qui a participé à la primaire. C’est aussi sur cette base qu’il peut désormais fédérer largement autour de sa candidature. De bon augure pour celui qui pourfend les renoncements en politique !

Ce triptyque stratégique explique probablement l’efficacité de la campagne de Benoît Hamon. Construire la campagne présidentielle qui s’ouvre en poursuivant ces mêmes objectifs est sans doute la clé d’une campagne réussie, rendant la victoire possible, car en politique rien n’est écrit d’avance.

Photo : Nicolas Askevis

Note : J’avais écrit le verbe « plaire » comme 3ème point fort… Compte-tenu du discours d’investiture qu’il a prononcé ce dimanche 5 février, le verbe « fédérer » est plus adéquat.

Le site haute-garonne.fr améliore le service public départemental, tout en faisant peau neuve

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Une nouvelle interface du site haute-garonne.fr a été mise en ligne le 5 octobre 2016, suite à une année de conception et de réalisation effectuée par le Pôle communication numérique et dialogue citoyen du Conseil départemental, avec l’appui des services en interne et de plusieurs prestataires. Résultat : le site du Département n’est plus seulement un outil de communication mais devient un moyen de renforcement du service public et un média facilitant le dialogue citoyen, ce dont le président Georges Méric a fait un axe fort de son mandat.

Ce nouveau site a donc été conçu comme un outil évolutif, dans une logique d’amélioration continue, permettant ainsi de répondre aux enjeux démocratiques liés à l’essor de la société numérique. En tant que navire amiral de la politique d’information et de communication en ligne du Conseil départemental, secondé par les médias sociaux et les autres outils numériques, celui-ci a l’ambition de renforcer la relation de proximité avec les habitants du département.

Principales nouveautés du site :

Un menu simplifié : un nouveau menu organisé autour de 3 entrées principales (À proximité / Nos services / Votre Département) facilite la recherche de la rubrique ou de l’information afin que l’internaute trouve en 3 clics maximum. De manière plus générale, l’organisation du site invite à une navigation transversale intuitive en proposant systématiquement des articles connexes ou complémentaires et des outils de contact.

Une recherche intuitive : grâce à un système d’auto-complétion dans la barre de recherche et à un moteur de gestion de mot-clés, l’internaute peut d’un clic consulter tous les articles relatifs à un même sujet. Par ailleurs, des filtrages par profil, sujet ou localisation sont proposés à divers endroits du site. Un annuaire des acteurs départementaux est également installé.

Un menu « mon profil » : 9 profils-types correspondant aux internautes les plus susceptibles de consulter le site permettent, sur la page d’accueil, d’ouvrir l’accès à des besoins-types. Ce menu reflète l’importance qu’accorde le Conseil départemental au rôle d’outil de service public du site Internet. Les profils-types sont par exemple : Parent, Acteur associatif, Personne handicapée, etc.

Un guide des aides : un module permet de consulter d’un coup d’œil toutes les aides prestations et subventions départementales, qu’elles s’adressent à des individus (parents, personnes handicapées, seniors, etc.) ou à des personnes morales (associations, collectivités locales).

Un espace citoyen : l’internaute est invité à créer et configurer son espace personnel afin de pouvoir accéder à un fil d’infos personnalisé en fonction de ses centres d’intérêt (éducation, culture, transports, etc.). Cette interface lui permet également de participer au dialogue citoyen en ligne et de poser des questions relatives aux articles présents dans le site.

De nouveaux téléservices : le site est doté d’une nouvelle interface permettant aux internautes d’effectuer des démarches administratives de manière dématérialisée : constituer le dossier transports scolaires (70.000 usagers concernés) ; demander l’agrément pour devenir assistant-e maternel-le ou familial-e, etc. Les téléservices disponibles sur l’ancien site sont maintenus, voire améliorés : calculateur d’itinéraires, simulation du tarif social des repas de cantine, etc.

Des formulaires pour échanger avec les services : grâce à des formulaires de contact où l’usager est invité à renseigner les informations personnelles nécessaires au traitement de sa demande, il est désormais proposé de contacter le service concerné et d’échanger avec lui par voie électronique.

De l’information géolocalisée : pour simplifier la recherche d’un point d’intérêt près de soi, le site multiplie des cartes interactives situant les services du Département (points d’accueil) autant que les services de proximité (assistantes maternelles, sectorisation des collèges, chantiers routiers, etc.)

Place au « rich media » : pour le plaisir de la navigation et l’incarnation de l’action du Département, le site valorise davantage les illustrations (photos, infographies pédagogiques, diaporamas), les vidéos et les supports de type brochure (catalogue du Parcours laïque et citoyen, rapports d’activité) qu’il est possible de « feuilleter » en ligne.

A savoir également…

Repères statistiques : le site haute-garonne.fr reçoit en moyenne chaque année 770.000 consultations, par 500.000 utilisateurs uniques, qui visionnent 1.700.000 pages. Cette fréquentation globale devrait augmenter nettement avec ce nouveau site et dépasser le million de consultations.

Conception-réalisation : le site a été conçu en interne et réalisé avec l’appui de l’agence de communication Inconito basée à Toulouse (design et ergonomie) et d’un prestataire technique basé à Lyon (Intuitiv). Le cahier des charges a été rédigé via une assistance à maîtrise d’ouvrage (Point Comm + Franck Confino) sur la base d’un diagnostic et d’une note de cadrage interne.

Système libre : le CMS (Content management system) permettant le fonctionnement du site est Drupal, issu du monde du logiciel libre, il fédère une communauté mondiale de développeurs parmi les plus importantes. La plupart des grands médias audiovisuels fonctionne avec ce même système.

Design « responsive » : outre la consultation sur ordinateur, le nouveau site est conçu pour une navigation optimisée sur tous les appareils mobiles tactiles, quelle que soit leur dimension d’écran ou leur système d’exploitation. Concrètement, l’affichage du site se transforme automatiquement (en lecture verticale comme horizontale) et le menu s’adapte à la navigation tactile.

Ergonomie « accessiweb » : le design et les fonctionnalités de cet outil prennent en compte les règles d’accessibilité (RGAA), notamment pour les personnes handicapées, et s’inscrit dans une logique d’amélioration continue via des critères testés régulièrement.

Rédactionnel révisé : tous les contenus rédactionnels ont été réécrits en interne dans le cadre d’un processus collaboratif associant tous les services. L’objectif de cette opération rédactionnelle consiste à optimiser l’emplacement et la dimension des articles autant que la simplicité des informations.

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Action citoyenne et politique : le numérique a définitivement changé la donne avec #LoiTravailNonMerci

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Dix ans après les comités désirs d’avenir qui s’étaient illustrés sur Internet pour bâtir et soutenir la candidature de Ségolène Royal à la présidentielle de 2007, la donne a changé définitivement. L’avènement des médias sociaux de masse (en particulier Facebook et Twitter) et de tous les sites de mobilisation sont désormais des outils militants et/ou citoyens incontournables.

Exemple emblématique de cette transformation des relations de communication politique au sein du triptyque citoyen-média-élu : la mobilisation contre la loi travail, initiée via une pétition en ligne, a dépassé le cadre habituel de la contestation politique et syndicale, avec trois caractéristiques principales reposant sur l’explication, l’identification et l’engagement.

1) la pédagogie (comprendre)
La pétition de Caroline de Haas, « Loi travail, non merci », a recueilli plus de 1 million de signatures en moins de 3 semaines : un événement inédit ! Sans doute, les arguments affichés sur le site change.org par cette militante aguerrie ont su convaincre. Une volonté d’explication complétée par le site loitravail.lol où chaque argument contre le projet de loi est décortiqué, avec la possibilité de le relayer d’un clic sur le web. Piquée au vif par cette efficace démarche pédagogique, Myriam El Khomri a publié sur le site de la pétition un contre-argumentaire pointant que « si certaines affirmations de cette pétition sont vraies, de nombreuses autres sont fausses et beaucoup sont incomplètes. » Une initiative courageuse mais malvenue qui a donné l’occasion aux opposants de répondre point par point, signifiant ainsi un désaccord reposant sur de le fond et non une simple posture anti-gouvernementale. Des enjeux que les organisations de jeunesse (Unef, MJS, Joc, etc.) ont su s’approprier, par des infographies, pour mobiliser à l’occasion de la journée de manifestations du 9 mars.

2) le testimonial (s’identifier) :
Forte du relai médiatique via Facebook et Twitter, cette campagne de rejet du projet de loi travail s’est vue renforcée par une double-démarche testimoniale : l’une initiée par les premiers signataires de la pétition, l’autre qui s’est propagée naturellement via le mot-dièse #OnVautMieuxQueÇa.
La première est l’initiative prise par plusieurs youtubeurs qui, via leur canal d’expression habituel, se sont réunis pour critiquer le projet de loi et appeler à la mobilisation. Une démarche inédite qui n’est pas sans rappeler les appels au hacking social prônés par les Anonymous.
La seconde, plus spontanée, s’est fondée sur le témoignage de milliers de jeunes salariés et précaires sur Twitter, laquelle rappelle la mobilisation qu’avait suscité en 2005 le CPE cher à De Villepin.
Dans les deux cas, la précarité au travail de la génération des 20-35 ans est décrite par des exemples concrets auxquels on peut facilement s’identifier.

3) le partage (s’engager) :
S’engager contre la loi travail : c’est simple !
Partagée avec le mot-dièse #LoiTravailNonMerci sur Twitter, la pétition contre la loi El Khomri a été très vite sur une dynamique puissante de signature que le contre-feu du gouvernement (SIG), allumé avec la création du compte @loitravail sur Twitter, n’a pas empêché. L’engagement public de personnalités, d’élus de gauche (parlementaires notamment) et de médias, dont Libération et Médiapart, a renforcé le succès de la pétition. Ainsi, de nombreux journalistes, en rapportant cet événement et en donnant la parole à ses initiateurs, ont contribué à lui donner de la crédibilité, complétant de fait la parole des organisations politique et syndicales habituelles. Enfin, la création d’une pétition de soutien à la loi par des élus de droite et du Medef a achevé de donner, en creux, toute sa légitimité à l’engagement citoyen contre le projet de loi. Un processus de viralité qui, toute proportion gardée, rappelle la dynamique qui avait conduit au rejet du traité constitutionnel européen par référendum en mai 2005.

L’Histoire fait ici la démonstration que la donne démocratique a changé, au gré de l’avènement des nouveaux médias de masse dont l’interactivité permet à chacun, militant ou non, d’agir en politique, de débattre et de contester. Une nouvelle génération de citoyen-ne-s se lève, les cahiers de doléances et les pétitions de masse sont désormais dématérialisés. C’est une révolution démocratique que les organisations politiques, syndicales et institutionnelles doivent d’urgence assimiler pour préserver la République et la démocratie de la menace extrémiste.

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La primaire : un outil pour reconquérir l’esprit citoyen et le coeur de la gauche !

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L’élection présidentielle est devenue, de fait, le moment où les majorités parlementaires se font… et se défont. Nous en avons fait l’amère expérience un certain 21 avril. C’est après trois échecs successifs en 1995, 2002 et 2007, qu’est née l’idée d’une primaire large pour la présidentielle de 2012, laquelle mobilisa 3 millions de citoyen-ne-s, dont près de 90.000 en Haute-Garonne, soit 12% du corps électoral départemental.

Forte d’un tel succès, la primaire est désormais inscrite dans les statuts du PS : premier argument plaidant pour sa tenue en 2016. La direction socialiste en discute donc depuis peu avec ses partenaires, dans une logique indispensable d’unité de la gauche. Pourquoi la fédération #PS31 ne fait-elle pas savoir qu’elle se tient prête à l’organiser ?

Un enjeu démocratique majeur

La primaire n’est pas une question de personnes, c’est un enjeu majeur pour ne pas faire l’impasse sur 2017. Manuel Valls, qui déclarait lors de son intronisation à Matignon que la parole politique était devenue « une langue morte », n’a pas su empêcher le progrès de l’abstentionnisme et du vote FN. Ni même François Hollande. Au contraire, leur politique a déboussolé jusqu’à leurs plus fidèles soutiens.

Intellectuels et militants de gauche appellent donc aujourd’hui à cette primaire car, outre son intérêt pour recoudre une gauche en lambeaux, elle est une opportunité pour répondre à l’affaissement démocratique, la paralysie des institutions et l’avènement de nouvelles pratiques militantes, notamment via Internet. En outre, alors que la droite prépare la sienne, comment le camp du progrès pourrait-il laisser les conservateurs occuper seuls le devant de la scène ?

L’avenir est probablement au dépassement des partis traditionnels. Si François Hollande était parfaitement légitime à représenter le PS, voire la gauche, il serait son candidat naturel. Malheureusement, les turpitudes de l’exécutif (illustrées par le projet de loi travail) ont décrédibilisé la politique et discrédité la parole de gauche : la primaire est donc l’occasion de prouver qu’une autre politique est possible !

REVUE DU WEB :

Laurent Bouvet : « Tout semble aujourd’hui permis, y compris, donc, au sein du PS, de dire que l’on ne souhaite pas que le président se représente. Le premier secrétaire en vient finalement à valider, de fait, cette implosion du parti présidentiel, comme sa déclaration le démontre. »
Thomas Piketty : « Dernière trouvaille de Cambadélis: il vient de déclarer qu’il allait demander virilement à chaque responsable socialiste s’il était oui ou non favorable à la candidature du président en place, avec l’espoir semble-t-il que ces face-à-faces mano a mano allaient intimider tout le monde et clore le processus. »

Réformes, crises, incertitudes : place à la communication publique

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Les 21 & 22 mai 2015, j’ai pris part aux 5èmes rencontres interrégionales des communicant-e-s territoriaux, organisées par le CNFPT en partenariat avec Cap-Com, à Toulouse. A la demande du CNFPT, j’ai animé l’atelier 4 intitulé « le travail en coopération et en réseau » avec les témoignages de Carine Coutard, directrice de la communication du Grand Cahors, & Marie Jeandarme, chargée de communication de la CC Creuse Grand Sud. Cet atelier s’est employé à définir le cadre dans lequel nos métiers de communicants territoriaux évoluent, au gré des progrès de l’Internet et du développement des réseaux, structurels comme professionnels. Voici 7 points-clés que nos échanges ont mis en évidence :

1 – assurer le continuum interne-externe Il ressort d’abord que la communication interne s’inscrit de plus en plus dans la stratégie globale de communication des collectivités puisque le développement des réseaux d’information la favorise désormais et l’utilise de plus en plus (Intranet, environnement numérique de travail, etc.).

2 – accompagner l’optimisation des moyens L’usage des réseaux et le travail en coopération transversale permettent d’améliorer l’efficacité, à la fois, des politiques publiques et des actions d’information-communication qui les appuient, dans un logique d’optimisation liée à la rationalisation des moyens.

3 – mettre en cohérence commune et intercommunalité Les outils d’information-communication aident à réduire la dichotomie que l’on observe entre la conception que l’on a du « projet de territoire » selon que l’on se situe du point de vue de la commune ou de l’intercommunalité, notamment par l’implication des agents et des élus, puis des acteurs du territoire (associatif, etc.).

4 – mais, la coopération ne se décrète pas Les logiques de coopération ne se développent pas toujours naturellement. Pour y parvenir, le rôle des communicants est de favoriser l’émergence d’un système où tous les participants trouvent un intérêt professionnel (voire personnel) à y prendre part : économie de temps, de moyens, source de reconnaissance…

5 – générer du liant autant que du lien Les réseaux d’information autant que les systèmes de coopération professionnelle peuvent, à la fois, créer du lien entre les entités et insuffler du liant sur le territoire, à l’image de ce qu’a favorisé la mise en œuvre de la carte Grand Pass sur la Grand Cahors, en suscitant autant de collaboration inter-collectivité qu’un véritable sentiment d’appartenance des utilisateurs.

6 – car les relations humaines sont au fondements de ces outils Comme le révèle l’exemple de la CC Creuse Grand Sud (réseau des secrétaires de mairie), la mobilisation des acteurs repose sur la capacité du communicant à faire vivre le réseau et à vitaliser les actions de coopération par des réunions d’échange où la connaissance, l’interconnaissance, voire la reconnaissance favorisent la réussite.

7 – ne pas négliger de « cultiver » le réseau Ainsi, cela paraît si naturel qu’on le néglige souvent : un réseau n’existe que par la volonté de ses membres et leur implication dans son fonctionnement. Par exemple, l’implication équitable de tous les acteurs n’est possible qu’à condition, par exemple, de lutter contre « l’illectronisme ».

Je remercie l’ensemble des équipes du CNFPT de m’avoir confié cette mission.

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Communication du #PS31 : bilan d’activité des 6 derniers mois

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Les missions de secrétaire fédéral chargé de la communication m’ont été confiées en 2008. En septembre, Sébastien Vincini m’a demandé de les poursuivre en vue des élections départementales.

Expliquer, convaincre et mobiliser : l’ensemble des outils d’information et de communication de la fédération sont orientés vers ce triple-objectif. Cela implique donc tous les moyens utilisés pour faire passer nos messages politiques, en interne (dont notre journal L’Avenir) comme à destination des citoyen-ne-s, et consiste à rapporter les temps forts de la vie du parti, les prises de positions de nos élu-e-s, et à valoriser notre projet collectif.

assemblée-département-2015Lors des élections départementales, avec l’équipe fédérale et le comité de coordination de campagne, nous avons conçu, concrétisé et conduit la stratégie de campagne qui nous a permis de remporter 23 cantons sur 27.

D’abord, définir ensemble une démarche de proximité reposant à la fois sur le bon bilan de la majorité de gauche et sur une campagne attestant de la qualité du service public départemental grâce aux affiches “un département à gauche : votre conseil d’intérêt général”.

Ensuite, mettre en dynamique nos candidat-e-s avec une charte de communication spécifique et décliner les enjeux sur un site Internet simple et précis, qui était opérationnel dès le 25 janvier : “aimonslahautegaronne.fr”

Enfin, sur les réseaux (twitter et facebook), relayer les actions de nos candidat-e-s, populariser notre bilan et nos propositions avec l’aide de nos 4300 “supporters”.

En parallèle, j’ai supervisé la communication vis-à-vis des médias : seconder le 1er fédéral pour renseigner les journalistes, s’assurer d’une bonne presse et veiller sur nos adversaires.

En bref, les actions d’information et de communication fédérales forment un dispositif de conviction politique et d’irrigation interne indispensable lors des échéances électorales. Je remercie tous les militant-e-s et les permanent-e-s pour leur implication dans ce succès collectif !