[Européennes 2009] Un échec prévisible et évitable ?

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changerleuropeVoilà maintenant sept longues années que notre parti est dans le marasme. Le résultat électoral que nous avons subi lors de ces élections européennes est une nouvelle réplique cinglante de ce que l’on a appelé, à tort peut-être, « le séisme » du 21 avril 2002. D’ailleurs, ce score de 16% aux élections européennes ne nous rappelle-t-il rien ? De telles « répliques », nous en avons déjà connu deux autres par le passé :

La première c’était le 29 mai 2005, alors que notre mouvement affichait ses divisions sur la question de la constitution européenne et de sa ratification par référendum. Je peux témoigner qu’à l’époque j’étais un fervent partisan du NON et que je me suis réjoui de le voir remporter largement le référendum, après une mobilisation populaire sans précédent. Pourquoi ? Parce qu’au-delà des considérations sur la construction européenne, j’étais intimement convaincu que la place des socialistes était aux côtés des classes populaires qui croyaient, à tort ou à raison, que l’Europe les fragilisait socialement au lieu des les protéger. La sanction populaire a été rude pour le PS, mais il aurait fallu en tirer un enseignement plus pertinent.

La seconde c’était le 6 mai 2007, alors que nous étions en campagne pour l’élection présidentielle, nous affichions nos divisions. Là aussi, au-delà de la personnalité de la candidate, j’ai souvent trouvé que notre campagne était à la remorque de la campagne de Sarkozy. Pourquoi ? Parce que nous y sommes allés sans avoir analysé profondément les échecs antérieurs et sans avoir de projet de société, contrairement à nos adversaires : la droite et le patronat. Là encore, malgré les belles déclarations d’un soir de défaite, la sanction était prévisible car nous n’avions pas su mobiliser notre électorat traditionnel.

Nous venons donc de la vivre la troisième réplique. Celle-ci nous la subissons parce que nous avons été incapables collectivement de tirer les enseignements des précédents échecs. Nous somme déçus, blessés et il est difficile d’être objectif. Pourtant, il me semble que nous pouvons esquisser trois débuts d’explication :

1 – Nous demeurons divisés en notre sein et les détestations sont tenaces

Notre parti est tétanisé par des querelles idéologiques anciennes et des détestations interpersonnelles tenaces. Le groupe humain que forme le PS ne peut pas, ou très difficilement, enclencher une dynamique positive avec de telles fissures, de telles crevasses. Il faudra bien qu’un jour nous remédions à cela, probablement en laissant de nouvelles générations qui ont moins de « passif » conduire les affaires du PS. En attendant, l’incapacité à pousser dans la même direction était évidente en comparaison de l’alliance chaleureuse et enthousiaste des différentes chapelles écologistes.

2 – Nous sommes recroquevillés sur nos acquis et nos bastions

Nous avons un rapport au pouvoir complètement vicié et une conception trop féodale de la politique. Les socialistes raisonnent exclusivement en termes de bastions et de figures locales, ce qui nous a conduits à constituer des listes avec de potentiels cumulards, voire des cumulards avérés, au prétexte qu’ils emmènent derrière eux les électeurs de leur commune, de leur canton ou de leur circonscription. Mais on oublie que les élus socialistes ne sont pas propriétaires de leurs voix et on en refait à nouveau l’amère expérience. A quand des règles de non-cumul plus restrictives ?

3 – Nous avons abandonné le terrain de l’idéologie

La question de la construction européenne est devenue centrale dans le « jeu » politique national, même si elle ne passionne pas toujours l’électorat. A juste titre, puisque les hommes et femmes politiques ne savent plus en parler avec passion, ne savent plus se replonger dans les fondements historiques de l’Union Européenne pour mieux se projeter dans le 21ème siècle. En fait, influencés par les injonctions de l’idéologie libérale nous avons abandonné notre propre idéologie socialiste pour mener finalement une campagne nationale bien terne sur le thème éculé de l’Europe sociale…

Dans quelques mois viendront les élections régionales. Ne persistons pas dans l’erreur : renouvelons nos élus, limitons le cumul des mandats, n’ayons pas peur de nous inspirer des fondamentaux de l’idéologie socialiste, et nous saurons reconduire la gauche à la tête de la majorité des régions de France.

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