La retraite : une affaire de jeunes

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Le gouvernement s’est engagé dans une nouvelle réforme à marche forcée du système de retraites. « Je veux dire aux jeunes de 20 ans que c’est justement pour eux que nous faisons cette réforme », affirme le ministre du travail Eric Woerth. Nous ne sommes pas dupes de cette hypocrisie. Une nouvelle fois, ce qui est mis en place au nom des jeunes se fait sans eux, et surtout contre eux. En limitant le débat à l’acceptation pure et simple d’un nouvel allongement de la durée de cotisation, le gouvernement adresse aux jeunes un message implicite, mais clair : la retraite ce n’est plus pour vous! Jeunes en insertion, salariés ou étudiants, c’est sur nous que reposera le financement du système de retraite dans les années à venir, et c’est nous qui subirons toute modification du système actuel. Nous refusons d’être les grands oubliés d’un débat qui nous concerne!

Jeunes, nous sommes attachés au droit à une retraite à 60 ans financée par répartition
Attachés à la solidarité entre les générations, nous souhaitons financer un système de retraite par répartition de haut niveau qui garantisse un niveau de pension permettant de vivre pleinement le temps de la retraite. Nous refusons que la retraite par répartition devienne un « filet de sécurité » a minima, insuffisant pour vivre. Nous refusons la logique d’une retraite basée sur la capitalisation individuelle, inefficace économiquement et inégalitaire socialement. Nous dénonçons la double peine que nous imposerait un nouvel allongement de la durée de cotisation ou un recul de l’âge légal de départ en retraite: nous finançons les pensions d’aujourd’hui, nous refusons d’avoir à épargner en plus pour nos vieux jours dans des fonds de pension qui peuvent être ruinés du jour au lendemain!

Un débat de société escamoté par une nouvelle opération comptable
Parce que la nature du système de retraite qui se met en place contribue à façonner la société de demain, nous refusons la volonté du gouvernement de réduire ce débat à une simple équation comptable. En se limitant à jouer sur la durée de cotisation, le gouvernement s’attaque directement à la solidarité sans aborder les véritables enjeux du système : garantie d’un taux de remplacement, pénibilité, allongement de la durée d’étude et d’insertion, chômage, inégalités hommes/femmes (Aujourd’hui le temps partiel subi, la précarité de l’emploi impactent fortement la retraite des femmes.), répartition du temps de travail et des richesses.
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Convention « nouvelle donne internationale et européenne » : Un autre monde est possible et nécessaire

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Au nom d’Un Monde d’avance, Pouria Amirshahi, secrétaire national à la coopération, à la francophonie, à l’aide au développement et aux droits de l’homme a coordonné, avec d’autres, les travaux préparatoires de la convention «Nouvelle donne internationale et européenne». Il fait un point sur le texte qui sera soumis au vote des militants le 30 septembre prochain.

 » Pour l’essentiel – bien qu’il reste des questions non tranchées – ce texte marque un changement très important dans ce que doit être la politique étrangère de la France, son discours aux autres nations et sa stratégie européenne.
Renforcement du droit international fondé sur les droits de l’homme et le bien commun, maîtrise de la mondialisation, nouvelles politique de coopérations, fin de la Françafrique, intégration et politiques structurantes européennes renforcées, arrêt du suivisme atlantiste et néoconservateur, etc. Bien entendu, on y trouvera, sur certains sujets, matière à aller plus loin (politique salariale européenne, précisions de certaines échéances, moyens budgétaires, etc.). Mais, outre que l’effort, consenti par tous, de faire un texte-cadre obligeait à la rédaction d’un texte accessible et court (moins de 20 pages), nous continuerons, au nom d’Un Monde d’Avance de mener les batailles politiques sur ces questions, de la même manière que d’autres seront approfondies dans les mois qui viennent par le parti socialiste (nouvelle politique de coopération, francophonie, mécanismes de la nouvelle politique économique européenne, etc.). C’est pourquoi nous voterons ce texte car les réorientations nécessaires à la construction d’un nouvel ordre international y sont marquantes. Tous les éléments du texte d’orientation ne figurent pas dans la synthèse présentée ci-dessous. À cette étape, nous voulions insister sur l’essentiel. Maintenant, place au débat militant dans les fédérations, jusqu’à la convention nationale du 9 octobre qui débattra des amendements avant le vote final.

Une nouvelle doctrine progressiste en matière de politique étrangère pour la France, voilà en quelques mots le sens de cette troisième convention du parti socialiste.

Le moment historique que nous vivons est fait d’incertitudes et de dangers — y compris pour la survie même de l’espèce humaine et des écosystèmes — mais aussi de possibilités nouvelles pour le progrès, le développement partagé et la paix. « Le monde demain nous appartient » dit le poète ; il sera en tout cas aussi ce que les socialistes et leurs alliés réussiront à faire avancer au nom de la cause commune de l’humanité. Nous nous engagerons en faveur d’un équilibre multipolaire qui remette en cause les rapports de domination entre puissants et « petits pays ». Nous défendrons des programmes de développement justes pour les peuples et les êtres humains et durables pour la planète. Parce que c’est notre idéal et parce qu’il y a urgence devant l’instabilité du monde, notre politique internationale reposera avec force sur les orientations suivantes :
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Benoît Hamon : « Quelques évidences contestables sur les retraites »

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[Tribune parue dans Le Monde] Sur le fond, pourtant, repousser l’âge légal de départ à la retraite est une nécessité largement admise sauf à entretenir un mensonge général sur la capacité de l’Etat à financer le système, il faut bien regarder les réalités en face ». C’est en ces termes qu’Eric Fottorino énonce l’équation intangible de l’avenir de nos retraites, dans Le Monde du 9 septembre.

Examinons donc cette affirmation. « Sur le fond, pourtant, repousser l’âge légal de départ à la retraite est une nécessité largement admise ». Largement, mais par qui ? Pas suffisamment en tout cas pour convaincre davantage qu’une minorité des Français, que l’on trouve principalement parmi les retraités et l’électorat fidèle au président, comme l’illustrent toutes les études réalisées pour sonder l’opinion des Français sur le recul de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans et 67 ans. Pas assez largement pour convaincre un seul syndicat au cœur de la très large diversité syndicale française à l’exception de celui des patrons. Pas non plus, enfin, pour inverser la courbe de mobilisation des Français qui battent le pavé de plus en plus nombreux pour refuser le report de l’âge légal de départ à la retraite.

« Sauf à entretenir un mensonge général sur la capacité de l’Etat à financer le système. » Ainsi la « vérité » commanderait de dire qu’il faut relever l’âge de la retraite. Prétendre le contraire, serait donc mentir. Parmi les arguments-massue servis pour plaider cette option, on entend inlassablement répéter que l’espérance de vie augmente, que le nombre d’actifs diminue, que le nombre d’inactifs augmente et que tous les autres pays européens ont déjà agi en ce sens. Les exemples allemand et espagnol sont régulièrement convoqués pour montrer aux salariés français la voie à suivre. Tous ces arguments se discutent et se réfutent si l’on regarde de plus près la situation hors de nos frontières. En Allemagne et en Espagne, on travaillerait plus longtemps donc qu’en France, jusqu’à 65 ans et bientôt 67 ans !

Dans la plupart des pays européens, l’âge de référence n’est pas l’âge légal de départ en retraite mais l’âge de départ sans décote – l’équivalent chez nous de l’âge légal de départ à taux plein. Ce qui place d’ores et déjà la France, l’Allemagne et l’Espagne à égalité : 65 ans dans chacun des pays. Si l’on se penche non plus sur les âges légaux, mais sur l’âge effectif, celui auquel les salariés quittent réellement le marché du travail, la proximité des situations en Europe est frappante : 61,5 ans en France, la même chose en Espagne, 62 ans en Allemagne.

La situation des Français vis-à-vis de l’âge légal de départ est donc, avant même la « réforme » gouvernementale, équivalente à celle de l’Allemagne et de l’Espagne. Mais elle se détériore quand on compare le calendrier de passage à 67 ans. C’est en 2029 que les Allemands verront l’âge de départ à la retraite sans décote reculer de deux ans. C’est en 2027 que les Espagnols passeront ce cap. Les Français n’auront pas cette chance : c’est dès 2016 que la réforme française entrerait en vigueur.
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Le programme politique du week-end…

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Après le succès de nos dernières universités de rentrée, les universités de rentrée 2010 Un Monde d’Avance se tiendront de nouveau à Vieux Boucau, dans les Landes les 17, 18 et 19 septembre 2010. Un Monde d’Avance s’est engagé avec vigueur, depuis le congrès, de Reims pour le renouvellement et l’ancrage à gauche du Parti socialiste, qui tire les leçons de l’ensemble des crises qui touchent la planète toute entière — financière, énergétique, climatique, alimentaire, démocratique.

Nous nous sommes impliqués dans des batailles décisives, auprès des Français, contre la privatisation de la Poste, pour la sauvegarde de nos collectivités, pour la régulation du libre-échange, pour le maintien de l’âge légal du départ à la retraite à 60 ans ou pour la défense des sans-papiers. Sur ces points, notre apport militant et intellectuel a été décisif.

Nous avons martelé depuis un an et demi l’idée selon laquelle seule une gauche unie et rassemblée — communistes, écologistes, alternatifs, anticapitalistes —, était en mesure de battre Nicolas Sarkozy en 2012, et que tout renversement d’alliance, opportunément sous entendu par la tentation centriste, serait funeste.

Le résultat du second tour des élections régionales l’a confirmé. Le nouveau cadre politique adopté dans la convention pour un nouveau modèle de développement, valide également une grande partie de nos thèses de congrès. Nos propositions, hier de motion, sont maintenant « gravées dans le marbre » de notre patrimoine commun. Ce cycle entamé lors du congrès de Reims trouvera son débouché lors de l’élection présidentielle de 2012. À nous de préparer l’alternative politique dès maintenant : programme, stratégie dans le cadre des primaires, rentrée sociale, prospective autour de nouveaux enjeux de société, préparation des conventions à venir, quelles nouvelles perspectives au travers de notre participation à la direction du PS, quels dialogues et quel projet pour rassembler la gauche…

Ce moment de débat collectif est ouvert à toutes celles et tous ceux qui souhaitent faire gagner la gauche, sur la base de ses principes et la reconquête de ses valeurs.

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