La présidentielle et les législatives en perspective…

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François Hollande va remporter la présidentielle. Sauf imprévu (crise terroriste, krach boursier…), à un mois du second tour, tout les voyants (sic) des sondages sont au rose. Tant mieux, car on va changer de Président et, ainsi, changer la façon d’agir d’un Etat devenu l’instrument de Nicolas Sarkozy et de son clan. Mais la victoire, aussi large soit elle, pourrait laisser un goût amer au peuple de gauche.

En effet, si le quotidien Libération titrait récemment « Abstention, piège à cons », c’est justement parce que cette élection présidentielle sera marquée du sceau honteux de l’abstention, avec probablement l’un des plus faibles taux de participation de la Cinquième République. La faute à une campagne globalement terne où, entre viande hallal et permis de conduire, les questions techniques et financières ont confisqué les débats que nous méritions. Exemple : comment redonner tout son sens au triptyque républicain « Liberté, Égalité, Fraternité » à l’ère du capitalisme mondialisé et financiarisé ?

Une fois passée la déception liée à la campagne, la victoire du candidat socialiste sera une bonne nouvelle pour l’ensemble du peuple de gauche le 6 mai. Mais, le cheminement présidentiel du nouveau locataire de l’Elysée sera parsemé d’embûches dès les premiers jours de son mandat et on peut déjà esquisser les trois grands défis qu’il aura à relever.

1 – La difficile union de la gauche
D’abord, le refus de participation au gouvernement du Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon risque d’induire des effets délétères. En effet, le Parti Communiste acceptera-t-il de ne pas avoir des ministres ? Les électeurs de Mélenchon à la présidentielle se mobiliseront-ils au même niveau pour les législatives ou donneront-ils leurs voix aux candidats du nouveau Président ? Selon moi, une majeure partie de l’électorat de Mélenchon est volatile, même s’il est convaincu de l’intérêt de sa candidature pour tirer Hollande à gauche. Ce qui rend le refus de participer au gouvernement d’autant plus stérile, en particulier si les communistes décident individuellement, ou pire collectivement, d’y prendre part. Laissons par ailleurs les candidats Poutou et Artaud à leurs turpitudes.

2 – La dégradation de la situation économique
Ensuite, il est fort probable que les agences de notation dégraderont la France dès le lendemain de la présidentielle. Même si François Hollande ne sera pas élu pour satisfaire aux injonctions des instances libérales, il sera contraint d’en tenir compte dans le cadre du collectif budgétaire et cela justifiera évidemment de revoir à la baisse ou de reporter certains engagements de campagne. Mais le nouvel exécutif se pliera à un numéro d’équilibriste pour ne pas détériorer la dynamique électorale qui lui permettrait de remporter les législatives dans la foulée, et risquer ainsi de pousser les électeurs de la présidentielle dans les bras d’une abstention durable. Cette situation déplorable sera aggravée par l’augmentation du taux de chômage et l’annonce en cascade de plans sociaux, lesquels étaient sous embargo le temps de la campagne présidentielle.

3 – La pénible campagne des législatives
Enfin, la campagne des législatives risque de tourner à la foire d’empoigne. D’abord en raison de la concurrence entre les candidats du PS et ceux du PG et PC. Ensuite, en raison des multiples dissidences internes au PS ou liées aux accords avec Europe Ecologie Les Verts, les confrontations sur le terrain autant que les débats télévisés seront à couteaux tirés. Le taux de participation au scrutin législatif sera pire qu’à la présidentielle. Le Front National se maintiendra au second tour dans de nombreuses circonscriptions et l’avance que Jean-Luc Mélenchon pouvait avoir sur le Marine Le Pen risque de fondre comme neige au soleil, d’autant plus que cette dernière profitera de la crise de l’UMP consécutive à l’échec cuisant de son champion.

Pour éviter la catastrophe politique, il faut sortir la social-démocratie française et européenne de sa douce torpeur. Je crains que le délai imparti ne soit un peu juste d’ici les 10 et 17 juin. Ce qui tend à donner raison à l’aiguillon Mélenchon, mais de manière très partielle et trop provisoire. Pour ma part, je considère comme une « passade » le fameux phénomène Mélenchon et je suis confiant en la capacité de changement de Hollande. C’est pour cela que ma main ne tremblera pas  dans l’isoloir les 22 avril et 6 mai prochains.

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