Merci Sébastien.

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Avec l’annonce par Sébastien Denard de ne pas solliciter un nouveau mandat de 1er secrétaire fédéral de la Haute-Garonne, c’est une page de mon engagement militant qui se tourne puisque, dans le même temps, je remets aux futures instances fédérales mon mandat de secrétaire fédéral chargé de la communication. Depuis 2008, nous avons oeuvré au bon fonctionnement de la fédération PS de la Haute-Garonne, avec des succès électoraux honorables et le maintien de la vitalité militante du parti, en particulier à l’occasion des mouvements sociaux (retraites…), de la votation citoyenne sur La Poste ou, plus récemment, à l’occasion des primaires. Bien entendu, tout n’a pas été simple car ce genre de fonction s’exerce avec un équilibre précaire, entre préservation des égos et affirmation des valeurs. Nous pouvons être fiers d’avoir contribué activement aux victoires électorales historiques de 2012 : c’est une nouvelle page du mouvement socialiste qui est en train de s’écrire. J’ai apprécié le travail que nous avons effectué ensemble, avec Sébastien comme avec Nadia Pellefigue et l’équipe fédérale, dans la loyauté, la camaraderie et le dévouement à notre parti. Nous avons toujours partagé le même objectif : faire avancer le PS, dans un esprit de conquête politique et de respect des militants. Le 15 novembre prochain, il transmettra à son (sa) successeur(e) une fédération opérationnelle et en progression politique. Merci Sébastien.

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Petite fable sur l’entourloupe politique à l’attention des honnêtes militants

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Un ouvrage parmi d'autres à la bibliothèque du 3ème âge de Labarthe-sur-Lèze

L’action politique et militante est indissociable des valeurs qu’elle représente. En théorie seulement. En pratique, la fin justifie les moyens. Et les moyens justifient la fin. C’est ainsi qu’au parti socialiste on peut parfois goûter aux épines de la rose avant de profiter de son délicat parfum… La fable du pot de fer contre le pot de terre reste d’une actualité troublante…

Dans la région toulousaine, nous en faisons actuellement l’amère expérience. Avec mes amis les plus proches, qu’ils soient ou non au PS, je partage déboires et désenchantements. En retour, ils me font part de leur désolation et de leur dégoût. Parfois ils me gratifient de leurs sarcasmes ou de leur ironie pour m’inviter à réfléchir à l’utilité et au prix de mon engagement, lequel, depuis plus de 15 ans, est motivé par la volonté de le transformer et de l’ancrer à gauche. Vaste programme…

On raille souvent le fait qu’au PS « la lutte des places a supplanté la lutte des classes ». Ce n’est peut-être pas faux. Après avoir donné de notre famille politique une image positive et encourageante à l’occasion des primaires citoyennes, nous donnons à nouveau l’image d’un parti divisé et aveugle dans le cadre des investitures pour les élections législatives. Divisé, car les querelles de personnes ressurgissent. Aveugle, car les dirigeants nationaux et les « grands élus » ne voient pas que nos concitoyens attendent autre chose que des petites combines pour le pouvoir personnel.

Un parachute pour Noël
Pire, les « affaires » de parachutages, ici ou là, de caciques ou d’apparatchiks sont de nature à pourrir la campagne de François Hollande et renvoient aux calendes les beaux discours sur la rénovation et le renouvellement nécessaires au PS par notre direction nationale.

En Haute-Garonne, les investitures militantes pour les 10 circonscriptions que compte le département ont parfois été un peu compliquées : c’est toujours un peu délicat quand il s’agit de voter pour des personnes. Nous sommes la 4ème fédération de France : les candidatures légitimes sont foison. Il n’y a pourtant eu qu’une vingtaine de prétendants au total.

Mais c’est sur la 9ème circonscription, où je vote et milite, que le paroxysme des luttes de pouvoir, et autres entourloupes diverses, semble avoir été atteint. C’est ici, sur cette bande de terre à cheval entre Toulouse et la campagne sud, entre quartiers populaires et terres agricoles, que sont inspirés les préceptes manipulatoires ci-après.

En effet, les instances nationales du Parti Socialiste s’apprêteraient à annuler les opérations d’investiture militante sur la 9ème circonscription de la Haute-Garonne. Au prétexte d’un litige inextricable entre les deux candidates à l’investiture, Anne Crayssac et Nadia Pellefigue, des instances « supérieures » préféreraient organiser un parachutage plutôt qu’un nouveau vote des militants. Ce serait-là une décision à la fois inique, contre-productive et humiliante.

Pour rappel : le 1er décembre dernier, lors du vote des militants socialistes de la 9ème circonscription, 5 voix seulement séparaient les deux candidates alors que des irrégularités avaient été constatées dans le déroulement du scrutin. Une décision instantanée du Bureau national des adhésions (BNA) avait invalidé le vote du bureau de Portet-sur-Garonne. Une délégation de la commission électorale nationale, sous l’égide de Christophe Borgel, avait donc été mandatée afin de trancher entre un nouveau vote et le maintien de la décision du BNA.

Un projet inique
Ce projet de « parachutage » remettant en cause la procédure de désignation militante est particulièrement injuste puisqu’elle est préjudiciable : aux candidates elles-mêmes qui ont fait campagne et mobilisé près de 400 votants, à la règle de la parité puisqu’on investit un homme à leur place, et aux principes de renouvèlement chers à notre première secrétaire, Martine Aubry. De surcroît, l’annulation de la procédure a pour effet collatéral de « passer l’éponge » sur les irrégularités constatées et de « blanchir » leurs auteurs.

Un choix contre-productif
Ce projet de « parachutage », organisé depuis Paris, est manifestement contre-productif, d’autant qu’il est échafaudé sans que l’avis des instances locales n’ait été sollicité, encore moins celui des militants de la circonscription. Pourtant, les secrétaires fédéraux ont été entendus à Solférino sans que cette hypothèse ne soit évoquée. Nous avons ont reçu à Toulouse une mission d’information venue auditionner les différentes parties, sous l’égide du secrétaire national Christophe Borgel, sans que là encore d’autres solutions que la validation des résultats ou un nouveau ne soient envisagés. La lecture de la presse régionale a été plus prompte à nous éclairer sur les intentions de Paris. Il est donc à craindre que, dans ces conditions, les forces militantes pour mener les campagnes présidentielle et législatives soient démobilisées à force de mépris.

Une décision humiliante
Ce retournement de situation traduit un certain mépris pour les militants socialistes, pour les candidates et pour les secrétaires fédéraux et de sections. En effet, la fédération de la Haute-Garonne a déjà largement contribué à honorer les engagements de parité (5 circonscription sur 10), de diversité (10ème circonscription) et d’unité (3ème circonscription concédée à un candidat EELV). Ce parachutage de dernière minute s’apparenterait à une humiliation pour une fédération qui a été exemplaire dans l’organisation des primaires citoyennes en octobre.

Mardi 20 décembre, à l’occasion de la réunion de ma section (Toulouse canton 9), nous avons eu un échange sur la situation : tous les militants ont reconnus que cela devenait « ubuesque » et que la non-désignation d’une candidate pour l’élection législative sur la neuvième circonscription de la Haute-Garonne représenterait une injustice flagrante. Une motion a même été adoptée afin de demander que les votes de Portet-sur-Garonne soient vérifiés et que, dans le cas où les irrégularités seraient confirmées, il faille procéder sans délai à un nouveau vote. Mais Solférino ne veut-il vraiment faire ce travail de vérification par peur du résultat ?

Chaque jour qui passe nous éloigne d’une décision légitime
J’attire ici l’attention du lecteur sur le fait que ce projet de « parachutage » se ferait au profit de Christophe Borgel, secrétaire national : celui-là même qui est censé représenter la justice du parti dans le contentieux qui oppose Anne Crayssac et Nadia Pellefigue. Ce qui nous éloigne petit à petit de la perspective d’un règlement du litige, par exemple par un nouveau vote sous contrôle national, en un lieu neutre, avec une seule urne et une seule liste d’émargement. C’est pourtant, la solution la plus juste.

Après avoir longtemps hésité à donner notre avis sur cette situation déplorable, après avoir réservé nos témoignages et nos preuves, après avoir refusé les sollicitations de la presse sur la nature des irrégularités afin de ne pas jeter l’opprobre sur notre parti et notre fédération, nous avons décidé de dire. Nous ne voulons pas laisser de telles manoeuvres s’opérer car cela représenterait le plus grand mépris à l’égard des militants que nous sommes et des les valeurs de progrès et de justice que nous voulons incarner.

La morale de cette fable est sans équivoque : Pour nos « grands » animaux politiques, le droit de représenter le parti aux élections législatives ne peut s’obtenir qu’à condition de ne pas être trop intelligent, trop brillant, trop jeune, trop « à gauche », trop conquérant, trop honnête, trop libre et, finalement, ne pas être susceptible de faire de l’ombre… Et comme dans toute fable, d’Orwell ou de La Fontaine, la fin justifie les moyens et les protagonistes les plus puissants tendent à perdre le sens commun…

Le syndicalisme étudiant, Bayrou et moi

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Juin 1996, dans le grand hall de l’Université de la Sorbonne.
Nous sommes un petit groupe de camarades en train de commenter les conclusions des états généraux de l’enseignement supérieur. Tout à coup, je sens qu’on me pousse dans le dos et, en me retournant, j’aperçois une horde de micros et de caméras dont je ne comprends pas la présence. Explication : face à nous, Juppé et Bayrou nous tendent la main :
– « Vous avez fait le voyage depuis Rouen ? » me demande Bayrou.
– « Non. Moi je viens de Toulouse. »
– « Ah oui. M. Carbonnel, de l’Université Paul Sabatier ! Alors, que pensez-vous de cette réforme ? » me demande-t-il.
De manière très appliquée, je lui réponds un argumentaire très « syndical » – et très consensuel – sur les avancées très nettes que comporte ce projet de réforme des universités, notamment en matière de réduction de la sélection. Cependant, je rappelle que cette réforme est prévue à moyens constants, ce qui est très dommage.
– « Tu vois François, dit Juppé en s’adressant à Bayrou, je te l’avais dit que « l’argent » allait être un problème pour les syndicats étudiants ! »
Ils tournent les talons, sans autre commentaire. Sidérant.

Comment en suis-je arrivé là ? J’ai commencé à militer en octobre 1994, alors que j’étais étudiant en lettres au Mirail. J’avais rejoins l’Unef indépendante et démocratique pour revendiquer un système d’enseignement supérieur plus juste. Très vite, je me suis impliqué dans la vie locale du syndicat étudiant et j’ai activement milité contre la politique inique d’un gouvernement de droite dont le ministre de l’éducation nationale était Bayrou et dont celui de l’enseignement supérieur s’appelait Fillon ! Bayrou a récupéré son maroquin, peu de temps après, au gré de l’élection présidentielle de 1995. A la rentrée 1995, j’ai recommencé mes études, cette fois en IUT de communication, toujours avec des autocollants de l’Unef-ID dans les poches. Le lundi 6 novembre (je me souviens parce que c’était la rentrée des vacances de Toussaint – et mon anniversaire), un mouvement étudiant d’une grande ampleur a commencé à Toulouse et a fait tâche d’huile dans toute la France, motivé en particulier par une dégradation des moyens alloués à l’enseignement supérieur. Ce mouvement estudiantin, happé par celui contre le « fameux » plan Juppé, a duré deux mois, à temps plein, surtout pour moi et une vingtaine d’autres « camarades » qui animions la grève et les manifs de l’Université Paul Sabatier.

L’un des « temps forts » de cette expérience politique et militante enrichissante s’est déroulé le dimanche 2 décembre, dans une des salles du ministère de l’éducation nationale, rue de Grenelle. C’était une salle aux plafonds hauts, dont les murs étaient entièrement parés de milliers de tomes du journal officiel, où nous étions reçus en délégation de la coordination nationale par Bayrou qui, certainement, avait une fiche bien renseignée sur chacun de nous. Celui-ci nous a fait un show très « bayrouesque », en particulier lorsqu’un membre anarchiste de la délégation étudiante a refusé de lui serrer la main (anecdote rapportée dans la presse) ! Après deux heures de palabres stériles, cette rencontre s’est soldée par une série d’annonces (d’effets d’annonces ?) dont, autant que je m’en souvienne : 200 millions de francs de crédits d’urgence pour l’aide sociale étudiante, 200 millions de francs pour les établissements et la promesse d’états généraux de l’enseignement supérieur. C’est donc sur cette dernière annonce que porte mon anecdote. En effet, pour conclure en grandes pompes ces états généraux qui se s’étaient déroulés pendant le printemps, Juppé et Bayrou avaient réservé le grand amphi de la Sorbonne. Nous étions une poignée à y représenter l’Unef et à assister à une heure et demie de cours magistral et une double-démonstration de langue de bois sur la valeur de la concertation. A cette époque, il ne restait plus grand chose de la « fracture sociale » dans la bouche de la droite au pouvoir. C’est juste après la « cérémonie », dans le grand hall de la Sorbonne, que s’est passée la scène surréaliste que j’ai évoquée plus haut. Drôle de concours de circonstances, révélateur d’une droite cynique et imbue de son pouvoir !