Pourquoi je soutiens Nadia Pellefigue pour l’investiture législative

Par défaut

A quelques jours d’un moment déterminant pour la vie de notre parti, l’investiture les 1er et 2 décembre de tous nos candidats pour la bataille des élections législatives de juin 2012, je souhaite ici faire part des raisons de mon soutien à Nadia Pellefigue sur la 9ème circonscription de la Haute-Garonne. J’espère que cela pourra contribuer à éclairer le choix de vote des militants concernés.

Occupé jusqu’à présent à organiser l’information équilibrée et neutre de tous les adhérents du PS de la Haute-Garonne (dans notre mensuel « L’Avenir » par exemple) dans le cadre des mes fonctions de secrétaire fédéral en charge de la communication, je me suis gardé d’exprimer publiquement mon choix. J’ai cependant déjà parlé de cette échéance politique avec plusieurs militants.

En effet, Nadia est pour moi une amie proche et une camarade depuis longtemps.

Elle est aussi une militante hors-pairs, une femme engagée et une responsable politique efficace. J’ai la conviction que Nadia saura rassembler tous les militants derrière sa candidature afin de remporter cette nouvelle 9ème circonscription, dont le périmètre englobe une partie du canton Toulouse 9 à l’ouest du Canal du Midi, section où je suis investi depuis 8 ans.

Comme moi, Nadia s’est engagée en politique au plus jeune âge au travers des organisations syndicales de jeunesse. Elle s’y est forgé une solide expérience militante qui la rend aujourd’hui apte à affronter demain un tel scrutin uninominal. Elle a su s’entourer de militants et élus expérimentés, comme par exemple le maire de Roquettes, Michel Pérez, qui est son suppléant. Nadia est donc une militante de terrain, prête à « labourer » la circonscription à nos côtés, ce qui sera nécessaire pour affronter la candidate de la droite, Mme Pouchelon, à laquelle elle s’oppose déjà dans l’hémicycle du Conseil Régional.

Si le PS et la gauche ont instauré la parité femme-homme, c’est bien parce qu’il est souvent difficile pour les femmes d’accéder aux mandats électifs, en particulier en dehors des scrutins de liste. Dans le cas présent, la 9ème circonscription a été réservée à une candidature socialiste féminine. Il s’agit d’un acte important de rénovation et de renouvèlement. Mais cela ne suffit pas, pour renouveler les rangs de nos élu(e)s, il faut aussi limiter le cumul des mandats. C’est pour cela que Nadia s’est engagée par écrit à démissionner de son mandat de conseillère régionale lorsqu’elle sera députée, même si rien ne l’y oblige.

Enfin, je côtoie Nadia depuis trois ans au sein du secrétariat fédéral et je peux attester de son sens des responsabilités. Elle y a fait ses preuves, notamment lorsque nous avons organisé pour la première fois le scrutin des primaires citoyennes avec le succès populaire et militant que l’on sait. Je suis donc certain qu’elle sera une députée efficace pour la gauche et respectueuse des militants qui l’auront investie et qui la soutiendront.

Si, comme moi, on considère que le talent et la jeunesse ne sont pas des qualités à blâmer, alors donnons-lui la responsabilité de représenter les socialistes devant les Français en juin prochain !

Publicités

Primaires : la démocratie et la Gauche en avant

Par défaut

Au terme d’une campagne de primaires citoyennes qui a commencé à l’université d’été de La Rochelle, le peuple de gauche vient de choisir son candidat pour l’élection présidentielle de 2012 : François Hollande. Les socialistes haut-garonnais sont fiers de cette opération de désignation novatrice dont ils peuvent en tirer quelques enseignements positifs pour l’avenir.

Une satisfaction militante
Avec 213 bureaux de votes primaires installés aux quatre coins du département, la Haute-Garonne a été l’un départements les mieux dotés, grâce notamment à la mobilisation des militants et responsables du parti à tous les niveaux : secrétaires de sections, délégués de cantons et de circonscriptions. La bonne organisation du scrutin, préparée dès le printemps par la direction fédérale en lien étroit avec les sections et les maires, puis avec les présidents et assesseurs des bureaux de votes primaires, a permis de mettre en place un dispositif électoral efficace. Malgré quelques imperfections liées à la nouveauté et à la complexité des primaires, ce scrutin a surtout apporté une grande satisfaction militante.

Un succès populaire
Avec bien plus de 80.000 participants au premier comme au second tour, l’objectif de la fédération a été plus que doublé. Ainsi, ce sont plus de 12% des citoyens inscrits sur les listes électorales qui se sont rendus aux urnes à au moins l’un des deux tours du scrutin. Les actions de communication mises en place au niveau fédéral ont donc été efficaces, en complément de la campagne médiatique orchestrée par les candidats et Solférino. Les militants impliqués dans les bureaux de votes ont pu constater l’enthousiasme des électeurs, tous déterminés à favoriser une victoire de la gauche en 2012.

Une victoire politique
Le parti socialiste, son projet et les candidats aux primaires citoyennes ont largement occupé la scène médiatique tout au long de ce processus des primaires. Cela est à mettre au profit d’une campagne qui aura été, quoi qu’on en dise, exemplaire du point du vue politique et aujourd’hui tout le PS est rassemblé derrière son candidat pour changer de président en 2012. Outre le choix d’une personnalité pour représenter les valeurs du socialisme, le peuple de gauche, par sa mobilisation, a validé notre projet pour le changement. Tout cela est donc de bon augure pour faire gagner la gauche le 6 mai 2012.

N.B.: Article publié dans L’Avenir du mois de novembre 2011, journal d’information des socialistes de la Haute-Garonne dont je suis le rédacteur en chef.

De la désuétude de l’élection présidentielle au suffrage universel direct

Par défaut

| Depuis un demi-siècle, le système de l’élection présidentielle au suffrage universel direct est censé être le summum de la démocratie représentative. Instauré par un Général De Gaulle avide de plébiscite, cette disposition de la Cinquième République lui a montré immédiatement ses inconvénients puisque, à l’aide de la télévision qui entrait dans les foyers, François Mitterrand avait mis le Général en ballotage lors de l’élection présidentielle de 1965. |

Presque cinquante ans après, la médiatisation à outrances de la vie politique accentue les effets indésirables, voire néfastes, d’un système électoral qui incite à la personnification du suffrage. C’est une sorte de dictature du « moi », du « je », alors que la fonction présidentielle doit refléter avant tout l’unité nationale et l’unicité de République française, c’est-à-dire fédérer les citoyens autour d’un projet commun. Depuis trop longtemps, l’élection présidentielle et le mandat suprême alimentent la parabole de « l’homme providentiel ».

| ‘Accros’ aux sondages et aux enquêtes d’opinions |
La gauche sociale-démocrate s’est vautrée dans les apparats de cette République du pouvoir présidentiel aussi bien que l’a fait la droite : l’ère 1981-1995 en a été la preuve éclatante, malgré le bon bilan social et sociétal de la gauche à l’Elysée. Ensuite, la désignation du candidat socialiste à l’élection présidentielle est devenue une course hippique où les turfistes sont autant de militants ‘accros’ aux sondages et aux enquêtes d’opinions, j’en veux pour preuve les conditions de la désignation de Ségolène Royal lors du dernier scrutin présidentiel et l’échec électoral patent qui a été le sien.

| L’accroissement de l’écart de condition culturelle et sociale |
Depuis quelques jours, la gauche et la droite se font peur avec des sondages très défavorables puisque, en envisageant que Marine Le Pen puisse être en tête du 1er tour de la présidentielle, ces enquêtes sont symptomatiques à la fois : de la défiance des électeurs, de la banalisation des idées xénophobes, de l’incapacité des partis traditionnels à incarner l’espoir, de la difficulté pour le PS à incarner l’alternative à Sarkozy, de l’échec de la stratégie de Mélenchon pour représenter les catégories les plus populaires, de l’accroissement de l’écart de condition culturelle et sociale qui se creuse entre nos élites et la population, j’en passe, et des bien pires… Quel désaveu pour le système démocratique français !

| Ils sont en colères d’avoir été trompés par Nicolas Sarkozy |
Ce qui « fait le lit » de l’extrême-droite, ce sont nos concitoyens qui sont exaspérés par les affaires qui ont sali la classe politique ces deux dernières décennies, certes. Mais leur réaction traduit aussi le fait qu’ils sont déçus par les élus et gouvernants qui n’ont pas été à la hauteur des enjeux du nouveau capitalisme et de la mondialisation, ils sont en colères d’avoir été trompés par un Nicolas Sarkozy élu grâce à une rengaine populiste : « je ne vous mentirai pas, je ne vous trahirai pas, je serai exemplaire ». Ce « je » qui, dans la bouche d’un président, a autant de conséquences que les promesses qu’il a immédiatement foulés au pied.

| Que les candidats à la candidature incarnent vraiment le projet du PS |
Pour affronter le président sortant sans avoir à critiquer le système électoral, le Parti Socialiste a innové en instaurant un mode de désignation de son candidat inspiré des démocrates américains ou italiens. Adoptée par une large majorité de militants en 2009, cette « primaire » est aujourd’hui présentée par certains comme une machine à perdre. Pour gagner en 2012, le problème posé au PS n’est pas seulement le mode désignation mais le contenu du projet qu’il porte. En effet, il est prioritaire, que les candidats à la candidature incarnent vraiment le projet du PS défini dans le cadre des récentes conventions, d’une part, et il faut que le PS mette toutes ses force dans la bataille de l’unité de la gauche, d’autre part. La démarche de certains candidats potentiels ne correspondent pas à cette double-contrainte.

| La défiance grandissante à l’égard des puissants |
Par ailleurs, rien ne sert de contester la méthode des sondages qui donneraient Marine Le Pen dans le trio de tête de l’élection présidentielle car on sait bien que le fait de casser le thermomètre ne fait pas baisser la température. D’autant que ce que les militants voient et entendent depuis plusieurs mois dans leurs villes et villages, c’est la banalisation des valeurs de l’extrême-droite et la défiance grandissante à l’égard des puissants de toute sorte, c’est-à-dire le fond de commerce des fachos depuis toujours. Rien ne servirait non plus d’interdire le Front national ou de le priver d’antenne : le mal est profond !

| Une transformation tout aussi importante que la « révolution Gutenberg » |
Les institutions de la Vème République sont devenues totalement inadaptées à la médiatisation de la vie politique et aux enjeux de la mondialisation. Avec l’avènement d’Internet, la planète est en train de vivre une transformation tout aussi importante que la « révolution Gutenberg » : les changements politiques et culturels qui sont à l’oeuvre dans le monde arabe et maghrébin en témoignent. Ici, c’est une autre révolution qu’il faudrait mener : celle de la suppression des cumuls de mandats, de la redéfinition du statut de l’élu et de la fin de l’élection présidentielle au suffrage universel direct. Cela ne résoudra pas les problèmes socio-économiques mais pourra re-faire de la France le pays des lumières démocratiques…

Vive la génération RTT !

Par défaut

La récente déclaration de Manuel Valls selon quoi il faudrait « déverrouiller les 35 heures » a suscité une polémique bien légitime. D’autant plus quand on réalise que cette réforme emblématique du Gouvernement Jospin a déjà été maintes fois détricotée, d’abord par la gauche elle-même avec la loi « Aubry 2 » qui en assouplit les dispositions initiales, puis par presque tous les derniers ministres des affaires sociales depuis 2002, notamment Fillon en 2003. Bref, la « sortie » du député-maire d’Evry est plus absurde que réactionnaire, même si elle tire contre notre camp.

Disons un mot sur la forme de la polémique. En s’attaquant à une réforme emblématique de la fin des années 90, conduite par Martine Aubry avec un patronat vent debout contre elle, Valls cherche à ratisser au centre, voire à droite. Il a ici une approche strictement tacticienne qui consiste à fédérer tous ceux qui, dans l’électorat dit « flottant », seraient susceptibles de venir lui apporter leurs suffrages à l’occasion des primaires. Il se constituerait ainsi un bataillon de votants, en dehors de notre électorat traditionnel, auprès de petits entrepreneurs, artisans et autres retraités qui se se laissent bercer par les illusions productivistes de la droite. Valls a donc une vision à court terme car, s’il cherche à faire parler de lui afin de remporter les primaires « au centre », il oublie que la seule stratégie gagnante est celle d’une victoire à l’élection présidentielle, laquelle ne peut s’obtenir qu’en rassemblant toute la gauche au second tour.

Il y a donc une confusion absurde, voire une contradiction, entre les objectifs tactiques de M. Valls et les objectifs stratégiques qui doivent être ceux du PS et de la gauche. En effet, dans un contexte où aux côtés du parti socialiste on ne veut pas signer un blanc-seing au parti dominant, à juste titre d’ailleurs, tous les candidats potentiels aux primaires devraient plutôt donner des garanties de vouloir porter un véritable programme de transformation sociale. Au contraire, en contestant l’intérêt économique et social de la réduction du temps de travail, Valls fait exactement l’inverse. Sa tactique est mortifère et c’est pour cette raison qu’elle a suscité une telle levée de boucliers à gauche… et des éloges à droite. Pas de quoi avancer dans ces primaires la fleur au fusil puisque ce genre de polémique reviendra tôt ou tard, ce qui doit nous inquiéter et nous mobiliser.

Les « 35 heures » sont un acquis social de premier ordre : elles caractérisent la vie au travail de toute une génération qui n’a connu que ce fonctionnement-là, et à laquelle j’appartiens. Benoît Hamon a eu raison de rappeler que cette durée légale du travail est tout aussi primordiale que la cinquième semaine de congés payés. Les RTT dont bénéficient les salariés depuis plus de 10 ans sont la démonstration que la gauche peut encore changer le quotidien de nos concitoyens, même s’ils sont de plus en plus résignés parce qu’empêtrés dans les difficultés de leur quotidien. Concernant les 35 heures, soit on est « pour » parce qu’on en bénéficie et qu’on en fait profiter sa famille, soit on est « contre » parce qu’on considère, à tort, que les travailleurs de France ne sont pas assez compétitifs. De ce faite, on ne peut donc pas être sincèrement dans le camp de la gauche et contester l’intérêt social des 35 heures.