Expliquer, convaincre, fédérer : le triptyque gagnant de Benoit Hamon

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La stratégie de campagne qui a permis à Benoit Hamon de vaincre ses rivaux à la primaire de gauche pourrait s’avérer tout aussi victorieuse en mai prochain face à la droite et l’extrême-droite. Depuis septembre, le candidat a développé une communication politique cohérente fondée sur le triptyque « expliquer, convaincre, fédérer », contestant vivement l’idée qu’il puisse être un « Homme providentiel ». C’est donc ce même sillon qu’il s’agit de creuser dans la perspective de l’élection présidentielle.

Expliquer
D’abord, ce qui a marqué cette primaire de gauche, c’est la volonté de tous les candidats (ou presque) de se positionner en fonction du bilan du quinquennat. Benoit Hamon a été le seul, finalement, à ne pas trop s’y référer et à porter un projet distinct de la plupart de ses adversaires, notamment dans le domaine de l’écologie devenue indissociable de tout projet progressiste. C’est sans doute cette sincérité qui a désarçonné les observateurs médiatiques qui, du coup, ont sous-estimé son potentiel de victoire en pointant son « utopisme ». En contrepoint, le candidat socialiste s’est montré pédagogue, quitte parfois à ennuyer les téléspectateurs, mais a imposé dans le débat des propositions originales coconstruites avec les citoyen-ne-s. Il a ainsi pu acquérir le certificat de légitimité indispensable pour pouvoir être entendu et prétendre à exercer la fonction présidentielle.

Convaincre
Ensuite, les journalistes comme ses concurrents le considérant comme un « petit candidat » l’ont laissé dérouler son argumentaire… croyant pouvoir le décrédibiliser. En vain. La dynamique de campagne et l’intérêt grandissant suscité par le candidat, ainsi que l’augmentation sensible du taux de participation au second tour de la primaire, sont une preuve tangible de l’effet Hamon : il convainc ! Comment ? En répondant point par point aux critiques de ses adversaires obnubilés par une cible jugée trop facile. Pourtant, par des raisonnements construits décryptant les problèmes du quotidien et l’inquiétude de l’avenir (travail, santé, cadre de vie, jeunesse, discriminations, etc.), il a su imposer ses propositions comme nécessaires. Une démonstration vaut souvent mieux qu’un effet de tribune pour bâtir sa crédibilité et fédérer le plus grand nombre de soutiens.

Fédérer
Enfin, Benoît Hamon a plu. Sa manière à la fois modeste et classique de conduire sa campagne, tout en s’appuyant sur les outils numériques, a enchanté une nouvelle frange de l’électorat de gauche, lassée par une « classe politique » souvent trop préoccupée par le culte de la personnalité et les attributs du pouvoir. Après 5 ans d’une politique gouvernementale qui les a déboussolé, les « gens de gauche » sont disponibles pour un propos politique digne de Jaurès : qui vise l’idéal en fonction du réel. En faisant ainsi « battre le coeur de la France », via des réunions publiques quasi-quotidiennes, le candidat de gauche a développé un sentiment de proximité auquel les votant-e-s ont été sensibles. Les récentes enquêtes d’opinion (avec les réserves qu’il se doit) dessinent le portrait d’un homme qui sait attirer l’attention d’un public plus large que celui qui a participé à la primaire. C’est aussi sur cette base qu’il peut désormais fédérer largement autour de sa candidature. De bon augure pour celui qui pourfend les renoncements en politique !

Ce triptyque stratégique explique probablement l’efficacité de la campagne de Benoît Hamon. Construire la campagne présidentielle qui s’ouvre en poursuivant ces mêmes objectifs est sans doute la clé d’une campagne réussie, rendant la victoire possible, car en politique rien n’est écrit d’avance.

Photo : Nicolas Askevis

Note : J’avais écrit le verbe « plaire » comme 3ème point fort… Compte-tenu du discours d’investiture qu’il a prononcé ce dimanche 5 février, le verbe « fédérer » est plus adéquat.

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Revigorer la citoyenneté passe par la régulation de la communication publicitaire

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(Contribution thématique aux débats de congrès du Parti Socialiste)

Dans le combat que la gauche et les socialistes doivent mener contre les inégalités sociales et économiques, nous délaissons trop souvent les inégalités qui naissent de la société de communication à outrance : publicité partout et pour tous, marketing des objets, des femmes, des hommes et des enfants. Sollicitation, et donc frustration, à tous les âges.

Est-ce cette société que nous voulons  ?

Si, pour permettre l’épanouissement individuel et collectif autour du principe de liberté, l’épopée du socialisme du 20ème siècle a été marquée par la relégation de la question religieuse dans la sphère privée, l’histoire du socialisme du 21ème siècle ne doit-elle pas instaurer des limites à la voracité du mercantilisme ? Les théories et les outils de communication contemporains ne doivent-ils pas être mis au service d’une solidarité humaine réinventée, d’une économie du partage plutôt que de la possession égoïste, comme le pressent – et le préconise – l’intellectuel Jeremy Rifkin ?

« La publicité s’appuie sur une chose : le bonheur. Et vous savez ce qu’est le bonheur ? Le bonheur, c’est l’odeur d’une voiture neuve. C’est être débarrassé de la peur. C’est un panneau d’affichage sur le bord de la route qui vous martèle que, quoi que vous fassiez, tout va bien. » Les mots sont de Don Draper, le publicitaire gominé de la série américaine « Mad Men ».

Cette oeuvre, qui dépeint les composantes de la société et de la culture américaine des années 1960, met en exergue tous les travers de la société de consommation qui s’est consolidée à cette époque aux Etats-Unis d’Amérique : le sexisme et le harcèlement, l’homophobie, l’antisémitisme, le racisme ; mais aussi le tabagisme, l’alcool, le gaspillage et la pollution sans limite.  Autant de sujets qui touchent aujourd’hui la société française et que les messages publicitaires entretiennent, parfois de manière inconsciente.

Le rôle de la gauche et des socialistes est donc de promouvoir une prise de conscience. Cela passe d’abord par les décideurs politiques, économiques et culturels qui, en tant qu’annonceurs ou diffuseurs, véhiculent des clichés qui, mis bout à bout, s’apparentent à de l’idéologie.
Dans un premier temps, il apparaît indispensable de limiter et de contraindre par la loi, sans pour autant mettre en cause la liberté d’expression ou le droit de créer.
Dans un second temps, il s’agit de réguler par l’éducation et le débat public, sans moralisme.

En parallèle, il est fondamental que la puissance publique réduise le fossé urbain/rural quant à l’accès au réseau haut-débit, sans quoi on maintient des citoyens de seconde zone.

L’auto-régulation de la publicité et de la communication est une Chimère
Le développement des nouveaux moyens de communication, et en particulier ces dernières années les « réseaux sociaux », rendent indispensable la réflexion, puis la décision, sur la régulation de cette société contemporaine de l’information et de la communication qui occupe tout autant l’espace public qu’elle mobilise l’esprit dans le cadre privé.

Des premières réponses ont été apportées : la création de l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP) et de ses structures associées : le Conseil de l’Ethique Publicitaire (CEP), le Conseil Paritaire de la Publicité (CPP),… On peut également pointer l’action des organisations professionnelles comme l’Union des Annonceurs (UDA) ou l’Association des Agences Conseil en Communication (AACC).

Autant d’acteurs qui ont fait de l’auto-régulation le fer de lance d’une politique qui apparaît aujourd’hui bien insuffisante. Bien sûr, ce n’est ni la volonté, ni la sincérité de ces organismes, et de celles et ceux qui les animent, qu’il faut mettre en cause ; mais plutôt critiquer un cadre trop confus pour être efficace, des moyens trop dérisoires et des sanctions peu efficaces (à l’exception bien sûr du champ purement pénal).

Il s’agit donc aujourd’hui d’imaginer et de proposer un dispositif adapté et performant.

Selon nous, plusieurs pistent doivent être explorées :
D’abord, à l’image du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA), la création d’une autorité publique indépendante tripartite qui permettrait de regrouper les pouvoirs publics, les professionnels de la communication et les associations de consommateurs.
Ensuite, la redéfinition, par la loi, d’un environnement juridique adapté aux formes de communication contemporaine, sans mise en cause des droits existants mais en posant des limites claires dans tous les domaines qui assureront la protection de nos citoyens les plus influençables.
Enfin, la mise en place d’un parcours éducatif et citoyen indispensable à une prise de recul et de conscience du consommateur favorisant l’émergence d’une consommation responsable et critique dont notre économie a besoin.

Concrètement, nous proposons d’engager un débat public qui, à l’aune du débat qui nous occupent actuellement sur les méthodes d’influence et d’embrigadement sur Internet, permette de déboucher sur une grande loi qui revivifierait le vivre-ensemble.

Une autorité de régulation indépendante
La diversité des acteurs de la communication et des structures de concertation et de régulation qui ont été, au fil des ans, mises en place imposent de toiletter le « millefeuille de la régulation publicitaire ».
Sur la base « d’assises de la communication responsable » une large concertation doit être menée entre l’État, les collectivités locales, les professionnels de la communication, les médias, les opérateurs Internet, les associations de consommateurs, l’éducation populaire, … pour définir cette nouvelle autorité et lui assurer les moyens d’agir avec efficacité et indépendance. Nous croyons à la régulation, mais elle ne peut pas être que professionnelle. Il faut aujourd’hui définir un champ d’intervention qui permette également d’associer l’ensemble des acteurs publics et des représentations citoyennes.
Au-delà de sa définition, de ses missions et de son contour, cette autorité de régulation ne trouvera sa place que si elle a les moyens d’instruire et d’agir. La nécessaire réflexion sur le financement de cette autorité devra donc être menée de front avec la réflexion sur sa création. Ne faut-il pas aujourd’hui proposer « une taxe Tobin publicitaire » qui viendrait donner des moyens conséquents à l’autorité de régulation mais qui viendrait également alimenter les actions de sensibilisation ?

Un environnement juridique adapté
L’auto-régulation s’est développée sur le terreau de dispositifs juridiques faible. Là où on fait appel à la confiance et la responsabilité, nul besoin d’écrire la loi et d’envisager la sanction. Ne faut-il pas aujourd’hui sortir de ce credo et envisager un dispositif juridique adapté ? Bien évidemment cette proposition provoquera moult réactions, notamment de celles et ceux qui y verront – à tort – une entrave à la liberté de création et à la liberté d’expression. Il ne s’agit bien évidemment pas de cela, mais de considérer qu’à partir du moment où les dispositifs de régulation n’ont pas fonctionné, il faut donner sa place à l’autorité. Nous n’affichons bien sûr qu’une intention qui devra faire l’objet d’un large débat afin d’être compris et acceptée.
Parmi les pistes légales, nous préconiserions :
– la limitation de la publicité à la télévision, en particulier lors des programmes pour enfants,
– la limitation de certains partenariats média/annonceur qui induisent en erreur le consommateur,
– l’empêchement effectif de toutes les publicités mensongères ou équivoques qui procèdent par exemple au « green-washing »,
– des quotas systématiques de communication publique et/ou associative dans les espaces publicitaires,…
Toutes les hypothèses qui permettraient de protéger le public doivent pouvoir être discutées.

La mise en place d’un parcours éducatif et citoyen
Nous préconisons la mise en place d’un parcours éducatif et citoyen, qui viendra en complément des régulations familiales, données aux consommateurs, et en particulier aux jeunes consommateurs, les moyens de décrypter l’offre commerciale et de porter un regard critique et réaliste sur le marketing publicitaire.
Dans ce dispositif, l’éducation nationale jouerait un rôle déterminant, notamment dans l’enseignement secondaire où le rapport aux marques se fonde et où le mimétisme culturel structure le rapport aux objets du quotidien. Le développement d’un esprit critique, la capacité à déjouer les codes et les injonctions d’achat du système capitaliste, la primauté de la citoyenneté et de la solidarité sur la consommation sont autant d’objectifs républicains pour faire face à la vacuité d’une société ou l’objet compte autant que l’être.

Revigorer la société de la citoyenneté passe par le fait d’ériger une digue contre la société du « tout-marchand ». L’exemple de la ville de Grenoble, qui vient de supprimer les panneaux publicitaires dans ses rues n’est peut-être pas la solution idéale au problème posé. Mais cette mesure coercitive de restriction de la présence des marques dans l’espace public nous appelle au débat politique et à la réflexion sociale sur la place qu’elles occupent dans notre vie quotidienne et sur le rôle structurant que leur communication opère sur les esprits.

Co-signataires : François Briançon, conseiller municipal de Toulouse Pascal Usseglio, 1er secrétaire fédéral du Loir-et-Cher

illustration : Lam Duc Hien

Secrétariat fédéral à la communication du PS : mon bilan 2008-2014

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La fonction de secrétaire fédéral chargé de l’information et de la communication m’a été confiée par Sébastien Denard et Nadia Pellefigue en décembre 2008, dans la foulée du congrès de Reims. Lors du congrès de Toulouse, la nouvelle équipe m’a naturellement invité à poursuivre cette mission.

Jean Jaurès écrivait dans « Le but » en 1902 : « La première condition du succès pour le socialisme, c’est d’expliquer à tous clairement son but et son essence ; c’est de dissiper beaucoup de malentendus créés par nos adversaires, et quelques malentendus créés par nous-mêmes. » C’est en fonction de cet adage que s’est organisée la communication fédérale depuis 6 ans.

couv-lightLes outils d’information et de communication de la fédération sont essentiellement notre journal mensuel l’Avenir, notre site Internet et nos relations presse.  Ils ont un rôle complémentaire :
Informer, former, expliquer et rendre compte, afin de donner aux militant-e-s les moyens d’agir en conscience et en connaissance de cause sur le terrain, auprès de la population et de nos électeurs : voilà, la vocation première de L’Avenir.

Celui-ci a paru de manière régulière et a progressé en contenu grâce notamment à la mobilisation du comité de rédaction et de l’équipe des permanents, dont Loïc Gavarret en particulier, mais aussi grâce à Marie-France Lafargue qui était une re-lectrice avisée et à qui je veux ici rendre hommage.

Annoncer les temps forts de la vie du parti et de ses militants, relayer les prises de positions politiques de nos élus, démontrer la détermination des militant-e-s à transformer la société : notre site Internet, en dehors des campagnes électorales, reste notre vitrine vis-à-vis du grand public.

Depuis 2008, grâce aux réseaux sociaux, les actualités publiées sur le site fédéral sont relayées par vous auprès des internautes. Cela permet d’afficher une fréquentation quotidienne de plusieurs centaines de lecteurs avec, ponctuellement, des pics au-delà du millier.

Présidentielle, législatives, régionales, cantonales, municipales, européennes : le site fédéral s’est fait régulièrement le relais des campagnes électorales en essayant de contribuer à leur succès. Il a également mis en avant la plupart les initiatives militantes qui font la force et la richesse de notre parti, qu’elles émanent des sections ou des commissions fédérales.

Rappelons que le site officiel de la fédération a pour vocation d’informer tout visiteur, qu’il soit adhérent ou non, sur les actualités des socialistes de la Haute-Garonne. C’est donc à la fois un support de communication à l’attention de nos concitoyens et un outil militant pour les milliers d’adhérents que compte le département. Il y a ainsi un objectif primordial à faire vivre cette vitrine car c’est souvent à partir de lui que nous sommes contactés pour adhérer au parti.

Dans le cadre de mes fonctions fédérales, j’ai également supervisé la communication vis-à-vis des médias, notamment par la rédaction de nombreux communiqués de presse, même si on a pu constater qu’il est difficile d’en avoir la maîtrise tant la tentation de s’exprimer « à titre personnel » est parfois irrépressible. Nous l’avons vu ces dernières semaines.

En bref, l’ensemble des actions d’information et de communication fédérales forme un dispositif de conviction politique et d’irrigation militante.

Toulouse : petit décryptage des promesses en l’air du nouveau maire

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L’élection de Jean-Luc Moudenc comme maire de Toulouse est une déconvenue importante pour la gauche toulousaine. Même si Pierre Cohen et ses colistier-e-s ont mené une campagne courageuse et loyale, adossée sur un bilan municipal enviable et des propositions sérieuses, force est de constater que la défaite est lourde.

pipeauCe qui me frappe, ce sont les ressorts de la victoire de la droite : une campagne de terrain efficace, certes, une liste plus « diverse » que précédemment, aussi, mais surtout des propositions outrancières et démagogiques. Moudenc est élu sur une série de malentendus, voire de promesses en l’air. Décryptage à chaud.

La 3ème ligne de métro :
La nouvelle majorité municipale ne pourra pas financer cette nouvelle ligne de métro, à moins de privatiser le syndicat des transports et d’augmenter les contributions. Techniquement, un tel projet entre en concurrence avec les autres lignes de transports dont la ligne de tram qui reliera très prochainement l’aéroport de Blagnac.

La 2ème rocade :
Un tel projet n’a pu germer que dans la tête d’une équipe qui n’a que du mépris pour le développement durable. Outre la difficulté à financer et à acquérir les terrains nécessaires à sa construction, une nouvelle autoroute dans les environs de Toulouse va, selon moi, à l’encontre des législations en vigueur dans le domaine de l’aménagement du territoire.

L’annulation du projet d’aire de grand passage des gens du voyage :
Moudenc et consorts en ont fait la promesse orale aux habitants de l’est toulousain : renoncer à réaliser une aire pour les grands passages des gens du voyage à Montredon. Sauf que, d’une part, il faudra bien la prévoir quelque part et que, d’autre part, c’est l’Etat qui supervise cela et la décision me paraît irréversible. Pour la petite histoire : les nuisances supposées d’une telle aire se limitent à la période estivale.

La remise en cause du mariage pour tous :
La droite toulousaine a fait campagne contre le PS en arguant auprès des populations souvent traditionalistes des quartiers populaires que nous devions être sanctionnés pour la loi sur le mariage pour tous. Idem concernant la loi sur la laïcité. Là est le noyau idéologique du nouveau maire de Toulouse : le conservatisme à tous les étages, quitte à flatter les communautaristes. Et puis, il faudra bien que les élus de la majorité respectent la loi en procédant aux mariages homosexuels !

La politique de l’emploi « de proximité » :
Enfin, il se dit que Moudenc et ses colistier-e-s ont distribué les promesses d’embauche dans les milieux les plus modestes : des promesses en forme de boomerang, lesquelles risquent bien d’éloigner pour longtemps nos concitoyens les plus crédules de la pratique démocratique quand ils réaliseront que la politique de l’emploi ne peut se piloter de la sorte depuis le Capitole.

La responsabilité de la gauche toulousaine c’est désormais de préparer 2020, en tirant les enseignements de notre échec de 2014 et en commençant dès maintenant un livre blanc des promesses non tenues par le clan Moudenc.

Intercommunalité : un échelon de l’action publique locale devenu incontournable

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Si l’intercommunalité dégage une opinion plutôt positive par son action économique et sociale sur les territoires, elle est victime d’une méconnaissance par les citoyens de son fonctionnement et de ses élus. Une situation qui devrait s’améliorer au gré des nouvelles règles électorales qui s’appliqueront lors des scrutins municipaux et communautaires de mars-avril 2014. Sur les territoires ruraux en particulier, les communautés de communes représentent une solution de mutualisation des ressources (fiscales) et des moyens (humains et matériels) répondant aux attentes des citoyens.

A six mois des élections, une enquête de l’Assemblée des communautés de France (AdCF) montre que 73 % des sondés disent savoir si leur commune fait partie d’une « interco ». Un chiffre appelé à croître avec l’introduction du fléchage aux élections communautaires et la montée en compétences de chaque niveau d’intercommunalité (communauté de communes, d’agglomération ou urbaine). Pour l’instant, seuls 46 % des administrés savent qui préside leur communauté, d’où une large majorité (93 %) se montrant favorable au fait que les candidat-e-s à la présidence de l’interco « se déclarent clairement avant les élections locales ».

interco31-2011Appréciée pour le développement des services publics, mal jugée sur la fiscalité
L’enquête démontre que l’intercommunalité peut s’enorgueillir de mettre en commun les moyens des communes autour d’un projet de développement cohérent (pour 85 % des sondés), d’offrir de nouveau services et équipements aux habitants (80 %), d’adapter la gestion publique à l’évolution des modes de vie des habitants (68 %), ou encore de renforcer la solidarité financière entre communes riches et communes pauvres (65 %).
En revanche, on peut regretter que nos concitoyens jugent encore l’intercommunalité à l’origine d’une hausse des impôts locaux (73%) et d’une complexification de la gestion locale (69%). Les élus communautaires de nos territoires savent combien cette vision est inexacte.

Les engagements des candidats devront être exhaustifs !
L’AdCF a sondé les électeurs sur les thèmes qui guideraient leur vote, que ce soit pour la mairie ou pour l’interco. Il en résulte que tous les thèmes proposés guideront les citoyens locaux au moment de glisser leurs bulletins dans l’urne ! Si le développement économique (93 %), la qualité des services de proximité (91%) et les choix d’urbanisme (87 %) sont des thématiques prioritaires, la politique sportive (!), pourtant bonne dernière, est jugée « très importante » ou « assez importante » par 56 % des sondés. Que les candidats socialistes à la mairie comme à la communauté de communes soient prévenus : le couple commune-interco sera le mariage de l’année 2014, pour le meilleur et pour le pire.

Des projets politiques communautaires pour les territoires

Les candidat-e-s à des mandats locaux doivent donc travailler à l’élaboration de projets communaux-communautaires, voire des projets de territoires. Les modalités de scrutin au suffrage universel direct des élections locales de 2014 ne sont probablement qu’une étape dans l’intégration électorale des intercommunalités. Divers territoires, comme celui de Tarn & Dadou où je travaille ont commencé ce travail au travers d’une ébauche de pacte communautaire et d’une charte des valeurs intercommunales dans lesquelles élus locaux et citoyens puissent se reconnaître.

Congrès de Toulouse 2012 : façonner collectivement le PS de l’avenir

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Ce week-end, la fédération de la Haute-Garonne a l’honneur de recevoir les 5000 délégués et invités du Congrès national du PS à Toulouse, Parc des expositions. A cette occasion, j’ai signé l’édito du numéro spécial de L’Avenir, le mensuel du PS 31, qui leur sera remis en guise de bienvenue.

Cher(e) camarade,

Bienvenue à Toulouse, Haute-Garonne, capitale politique et économique de Midi-Pyrénées. Ici c’est le coeur du Sud-Ouest, entre Méditerranée et Atlantique, terre d’accueil et de tolérance ; ici c’est Toulouse, la ville rose dont Nougaro chantait que l’Espagne y « pousse un peu sa corne ». Nous sommes fiers d’accueillir ici notre congrès national. Désormais, dans la grande histoire du Parti Socialiste, 2012 rime avec Toulouse!

Voilà quatre ans que nous n’avions pas eu de congrès, période durant laquelle nous avons promu notre projet, œuvré à la rénovation et bravé les échéances politiques et électorales.
Service public, emplois et salaires, retraites : comme partout en France nous avons mené le bras de fer contre la droite et sa politique de casse sociale, y compris dans la rue au côté des organisations syndicales.
Régionales, cantonales, sénatoriales, présidentielle, législatives : à chaque fois les 120 sections socialistes du département ont milité ardemment pour emporter l’adhésion de nos concitoyens. Prélude à la campagne présidentielle, les primaires citoyennes ont ici mobilisé 100.000 votants.

Merci à Sébastien Denard et Nadia Pellefigue qui, depuis 2008, ont dirigé avec probité et volonté notre Fédération, l’une des plus nombreuses de France.

Bienvenue sur une terre de progrès. Ici, la plupart des collectivités territoriales sont présidées par un exécutif de gauche : Région, Conseil Général, Mairies, Intercommunalités. Pour autant, nous restons humbles et lucides sur la vulnérabilité de cet héritage électoral et cela nous invite à continuer de renforcer le rôle du Parti depuis ce joli mois de mai. En effet, si les membres du gouvernement et les parlementaires ont une obligation de solidarité et de loyauté, notre parti a une obligation d’efficacité politique : gardons l’objectif d’accomplir les 60 engagements de François Hollande !

Notre congrès n’est pas l’occasion de tourner la page de nos succès du printemps. Au contraire ! Façonnons le PS de l’avenir en s’inspirant de ce qui fit notre force dans la conquête du suffrage de nos concitoyens : l’exemplarité et la pugnacité. Souhaitons donc que ce congrès de Toulouse soit pour chacune et chacun l’occasion d’un travail politique utile à toutes et tous.

Congrès : les principaux enseignements du vote militant en Haute-Garonne

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Jeudi 11 octobre, comme partout en France, les 120 sections socialistes de la Haute-Garonne se sont mobilisées pour organiser le vote sur les motions nationales soumises à l’avis des militant-e-s. Voici les principaux enseignements que l’on peut en retenir.

Un bon taux de participation
Avec un taux de participation départemental de 60%, la fédération de la Haute-Garonne s’affirme comme étant l’une des plus mobilisées. Cette vitalité militante, qui s’est vue également lors des débats de présentation des motions, a conduit plus de 3600 militant-e-s à s’exprimer sur le choix d’orientation politique et stratégique.

Un score très majoritaire pour la Motion 1
Avec son score de plus de 73%, la Motion 1 « Mobiliser les Français pour réussir le changement » réalise en Haute-Garonne son 4ème meilleur score national comparé au 102 autres fédérations. Près de 2600 militant-e-s se sont reconnus dans la démarche de rassemblement engagée au côté de Harlem Désir et des sensibilités partie prenantes, dont Un Monde d’Avance.

La Motion 4 en deuxième position
Dans notre département, un militant sur sept a été sensible à l’argumentaire proposé par la motion « Oser, plus loin, plus vite » proposée par Stéphane Hessel. En effet, avec plus de 13% des suffrages, la Motion 4 réalise dans notre fédération un score supérieur de 1,5 point à son résultat national. Dans le département, cette motion était notamment soutenue par des protagonistes issus de la majorité sortante.

La Motion 3 à 10%
Avec 10% des suffrages, la Motion 3 défendue par Emmanuel Maurel réalise en Haute-Garonne un score inférieur de 3,4 points à son résultat national. Un résultat qu’il faut comparer au score réalisé par la motion dite « de gauche » au dernier congrès : 22,8%.

Le bilan fédéral largement approuvé
Avec seulement 10% d’avis défavorables, le bilan de l’action fédérale tel que décrit par les différents secrétaires fédéraux dans le numéro 2169 de L’Avenir a été légitimé par la grande majorité des militant-e-s de la Haute-Garonne. Le bilan national, quant à lui, a été approuvé à 79%.

La base des statuts fédéraux adoptés
La proposition de statuts fédéraux a également recueilli une très grande majorité d’avis favorables (65%) ou réservés (21%) dans l’attente du débat que nous aurons au Congrès fédéral extraordinaire pour amender, compléter et valider pour les quatre années qui viennent nos règles démocratiques fédérales.

  • Résultats détaillés (inscrits : 6053 / votants : 3612)
    Motion 1, Harlem Désir : 73,23% (Score national 68,21%)
    Motion 2, Juliette Méadal :  2,43% (5,19%)
    Motion 3, Emmanuel Maurel : 10,01% (13,39%)
    Motion 4, Stéphane Hessel : 13,23% (11,86%)
    Motion 5, Constance Blanchard : 1,1% (1,36%)
    Taux de participation départemental : 59,7%